mardi, décembre 1, 2020

Syrie: Quelle lourde facture Bachar Al-Assad a-t-il payé à Poutine?

Le vol des richesses du peuple syrien par les Russes ne fait plus de doute. La facture que paie Bachar Al-Assad en échange de son maintien au pouvoir grâce à l’intervention de son allié russe est lourde.

Les observateurs considèrent que cette bataille économique est tout aussi féroce et agressive que les combats militaires qui se poursuivent dans le pays depuis 2011. Il est clair que la série de contrats signés par la Russie avec le régime de Bachar Al-Assad constituera un obstacle au développement économique du pays, et à tout futur gouvernement syrien qui voudra se débarrasser des séquelles de la guerre dévastatrice, compte tenu des dettes énormes contractées par Damas vis-à-vis de Moscou. À ce sujet, le montant exact de l’endettement syrien vis-à-vis de la Russie n’est pas connu.

La domination des Russes sur l’économie syrienne est visible dans au moins quatres secteurs.

Le port de Tartous concédé pour un demi-siècle

Ce port le plus grand du pays sera loué pour une durée de 49 ans, selon la révélation faite le 20 avril dernier par le Premier vice-président du gouvernement russe Youri Borissov après sa rencontre avec Bachar el-Assad.

Le 23 avril dernier, c’était autour du ministre des transports syrien, Ali Hammoud d’annoncer le chiffre de 500 millions de dollars pour cet accord. Il a également été décidé selon lui que l’entreprise russe garde tous les employés du port.

Le ministre a expliqué aussi que cette entreprise va travailler pour accroître la capacité d’absorption du port à deux millions de conteneurs annuellement.

Les plus grands mines de phosphate sous le contrôle russe

Avant la guerre civile, la Syrie était le cinquième pays exportateur du phosphate dans le monde. En effet, les réserves prouvées du phosphate dans le pays sont estimées à deux milliards de tonnes, cependant, la production avant la guerre ne dépassait pas les 3.5 millions de tonnes annuellement.

L’entreprise russe « Stroy Trans Gaz » a commencé à exploiter le phosphate syrien dès le mois de juin 2018, après l’approbation par l’Assemblée du peuple syrien du contrat signé entre l’Office de géologie et des ressources minérales et cette entreprise. En vertu de ce contrat, l’entreprise russe exploitra le phosphate brut des mines de Tadmor pendant 50 ans.

La reconstruction en Syrie… Un butin de guerre

Les observateurs considèrent la reconstruction de la Syrie comme une sorte de distribution de butins de guerre entre les alliés de Bachar el-Assad. La Russie et l’Iran s’accaparent de la majorité des contrats de la reconstruction.

Moscou a signé en octobre 2017 un protocole dans ce sens lors de la dixième session du Comité intergouvernemental Russo-syrien pour la coopération économique, commerciale, scientifique et technique.

Selon le rapport de Financial Times, la facture de cette reconstruction oscille entre 250 milliards de dollars – un chiffre de l’ONU – et 400 milliards de dollars un chiffre que donne le régime syrien.

Il faut dire que le pourcentage des Syriens vivant dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire ceux qui vivent avec moins de 1.9 dollar quotidiennement a atteint 69% selon une étude financée par l’ONU. Le taux de chômage quant à lui s’élève à 50% en 2015, d’après les dernières statistiques, alors qu’il était à moins de 10% en 2010.

Le Premier vice-président du gouvernement russe Dmitri Rogozin n’a pas caché que son pays n’intervenait pas dans l’économie syrienne en tant que philanthrope ou donateur mais recherchait avant tout à préserver ses intérêts et à accroître ses profits.

Un droit de prospection pétrolière et gazière pour un quart de siècle

Plusieurs accords ont été signés dans ce domaine, le plus spectaculaire concerne la prospection dans les eaux territoriales au sud de Tartous sur une superficie de 2.190 km carré pour une durée de 25 ans.

Un autre contrat est relatif à la prospection pétrolière et gazière dans le champs de Kara, à la périphérie d’Homs, l’une des régions les plus riches en gaz naturel.

Par ailleurs, l’entreprise russe « Stroy Trans Gaz » a obtenu la majorité des parts, soit 65% dans l’unique usine d’engrais de Syrie situé à Homs, et ce pour une durée allant de 25 à 40 ans renouvelable.

Selon des estimations, la Syrie va perdre plus d’un milliard de dollars annuellement sur l’exportation du phosphate. En ce qui concerne la production des engrais, les revenus du pays ne dépasseront pas les 50 millions de dollars annuellement après le transfert de l’usine à l’allié russe.

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