Yémen : 13 morts et 65 blessés dans les explosions de l’aéroport d’Aden

Le bilan provisoire des explosions, survenues à l’aéroport d’Aden ce mercredi, fait état de 13 personnes tuées et 65 autres blessées. L’attentat a coïncidé avec l’arrivée d’un avion transportant des membres du nouveau gouvernement yéménite sur la piste de l’aéroport.

Le gouverneur d’Aden, Ahmed Hamed Lamlas , a déclaré dans un communiqué audio, dont l’Agence Anadolu a reçu copie, que « les explosions à l’aéroport d’Aden ont tué 13 personnes et en ont blessé 65 autres jusqu’à présent (13 h 20 GMT) ».

Et d’ajouter que « les opérations de secours et d’évacuation des blessés sont toujours en cours à l’aéroport ».

Lamlas a confirmé qu’une enquête avait été ouverte sur l’incident.

Il a d’ailleurs souligné que « de telles actions ne nous effrayent pas et que la guerre se poursuit inexorablement avec la milice houthi sans retour possible en arrière ».

Plus tôt dans la journée du mercredi, le correspondant de l’Agence Anadolu a rapporté, selon une source gouvernementale qui a préféré garder l’anonymat, que trois violentes explosions se sont produites à l’aéroport d’Aden, dont l’une à l’intérieur du salon de réception VIP.

La source a expliqué que les explosions se sont produites avant le débarquement des membres du gouvernement de l’avion.

De son côté, Moin Abdul Malik, le Premier ministre yéménite, a annoncé, via son compte Twitter, que « les membres du gouvernement sont à Aden et tout le monde va bien ».

Dans un tweet, Muammar Al-Eryani, le ministre de l’Information, de la Culture et du Tourisme, a accusé le groupe Houthi d’avoir ciblé l’aéroport.

Al-Eryani a déclaré : « L’attaque terroriste lâche menée par la milice houthi, soutenue par l’Iran, contre l’aéroport d’Aden ne nous dissuadera pas d’accomplir notre devoir national ».

Cependant, Muhammad Al-Bukhaiti, membre du bureau politique houthi, a nié tout lien entre son groupe et l’attaque, affirmant dans des déclarations aux médias, qu’il s’agissait de « règlements de comptes suite à des conflits en cours entre ces deux mercenaires » (c’est-à-dire le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud).

Sur le même plan, Salem Al-Awlaki, membre du Présidium du Conseil de transition du Sud, a déclaré sur Twitter que l’attentat contre l’aéroport d’Aden s’était fait « avec des frappes de missiles ».

Al-Awlaki a déclaré : « Il y a des martyrs et des blessés parmi les officiers et les agents de sécurité de l’aéroport ».

Jusqu’à 13 h 20 (GMT), aucune agence officielle n’avait encore annoncé de détails sur les causes de l’explosion.

Le vice-ministre de la Jeunesse et des Sports, Mounir Al-Wajih, a déclaré au correspondant de l’Agence Anadolu, que le nouveau gouvernement, avec la plupart de ses membres, est arrivé à l’aéroport d’Aden en provenance d’Arabie Saoudite, pour prendre ses fonctions, comme stipulé dans l’accord de Riyad.

Al-Wajih a précisé qu’en plus des ministres, la délégation gouvernementale est aussi constituée d’un certain nombre de vice-ministres et d’adjoints, ainsi que de commandants militaires du gouvernement, dont l’attaché militaire yéménite aux Émirats, le major-général Chalal Ali Chaye, qui a été nommé à son poste mardi.

Samedi dernier, des membres du gouvernement ont prêté serment constitutionnel devant le président Abdrabbo Mansour Hadi, dans sa résidence de la capitale, Riyad.

Le 18 décembre, la présidence yéménite a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement comprenant 24 ministres, provenant équitablement du nord et du sud du pays, sur la base de l’accord de Riyad, après des consultations entre le gouvernement yéménite (ancien) et le Conseil de transition du Sud soutenu par les Émirats arabes unis.

La nouvelle formation du gouvernement vise à mettre fin au différend entre l’ancien gouvernement yéménite et le Conseil de transition, et à se consacrer à la confrontation des Houthis, qui sont sur le point de contrôler Marib, le dernier bastion gouvernemental du nord du Yémen.

Depuis 6 ans, le Yémen est en proie à une guerre entre les forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite et le groupe houthi soutenu par l’Iran et contrôlant la capitale Sanaa.

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