Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s’est entretenu par téléphone mardi avec le président américain Donald Trump pour lui réaffirmer son « engagement à conclure un accord avantageux pour les deux pays », a annoncé son porte-parole.

À la veille de la reprise des négociations commerciales au niveau ministériel entre Ottawa et Washington, M. Trudeau a présenté au président américain ses condoléances pour les victimes de l’ouragan Florence, qui a fait au moins 31 morts.

Mais les deux dirigeants ont également discuté des difficiles négociations en cours entre les deux pays pour moderniser l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna).

« Le Premier ministre a réitéré son engagement à conclure un accord qui sera avantageux pour les deux pays », a indiqué dans un tweet le porte-parole de M. Trudeau, Cameron Ahmad.

Officiellement, les deux dirigeants, dont les relations sont tendues depuis le dernier G7 en juin au Québec, ne s’étaient pas parlé directement depuis plusieurs semaines.

Le 5 septembre, M. Trudeau avait ouvertement critiqué le président américain en expliquant la position de fermeté canadienne sur le maintien d’un règlement des différends commerciaux liés à l’Aléna par le fait que Donald Trump « ne suit pas toujours les règles ».

La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui est retournée à Washington mardi soir en vue d’une nouvelle série de négociations avec le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, s’est montrée prudemment optimiste sur les chances d’un accord.

Aucun horaire précis n’a été fixé pour la rencontre Freeland-Lighthizer, sans doute mercredi, a indiqué le porte-parole de la chef de la diplomatie canadienne.

La ministre avait quitté la capitale américaine le 11 septembre au terme d’une session de négociations intenses sur l’Aléna, jugeant un compromis « éminemment possible ».

Mais les discussions entre les deux pays achoppent notamment sur la protection du secteur laitier canadien et sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (dit chapitre 19), tous deux remis en question par l’administration Trump.

« Il vaut mieux ne pas avoir d’accord qu’un mauvais accord », a dit mardi Mme Freeland avant son déplacement à Washington. « Il y a plusieurs enjeux dans cette négociation et un compromis est absolument toujours possible », a-t-elle cependant estimé au cours d’une conférence de presse au Parlement fédéral.

Les négociations se déroulent « dans une bonne ambiance, il y a de la bonne volonté et de la bonne foi des deux côtés, et tout cela est très, très positif », a-t-elle redit.

La renégociation pour moderniser l’Aléna, qui lie depuis 1994 les économies américaine, canadienne et mexicaine, a été imposée en août 2017 par le président américain Donald Trump, qui considère ce traité comme « le pire » de l’histoire pour avoir détruit des emplois américains, notamment dans le secteur automobile.

Après plus d’un an de tractations intenses, les négociateurs américains et mexicains sont parvenus fin août à un accord. Mais, pour l’heure, aucun consensus n’a été trouvé avec le Canada.

Le président américain a laissé entendre que si aucun compromis n’était trouvé avec le Canada, l’Aléna serait remplacé par des accords bilatéraux.

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