En quête de soutiens internationaux, le militant pro-démocratie hongkongais Joshua Wong a rencontré lundi soir le ministre allemand des Affaires étrangères dans la capitale allemande, comparant l’ex-colonie britannique à « Berlin-Est pendant la guerre froide ». La Chine a exprimé mardi sa « ferme opposition » après cette rencontre dénonçant un « irrespect » à sa souveraineté.

« A Berlin, j’ai parlé au ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, des protestations actuelles et notre lutte pour des élections libres et la démocratie à Hong Kong », a expliqué Joshua Wong en commentaire d’une photo de lui aux côtés du ministre allemand sur Twitter.

Le militant de 22 ans a ajouté que « d’autres discussions avec des membres du Bundestag allemand » allaient suivre dans les prochains jours. Cependant, il ne rencontrera pas la chancelière allemande Angela Merkel, a annoncé le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert lundi.

Show politique

« Si nous sommes maintenant dans une nouvelle Guerre froide, Hong Kong est le nouveau Berlin », a déclaré dans un post Facebook M. Wong, faisant référence à la scission de l’après-guerre entre le Berlin-Est communiste et l’ouest démocratique.

Il a de même lancé un appel aux Allemands (qui) se sont battus pour la liberté, en particulier à Berlin.

Mardi, la Chine a exprimé sa « ferme opposition » après la rencontre à Berlin entre le militant pro-démocratie hongkongais Joshua Wong et le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dénonçant un « irrespect » à sa souveraineté avant de dénoncer des forces séparatistes. « Quelques médias et politiques allemands tentent d’augmenter leur attractivité et d’attirer l’attention sur eux en se servant de séparatistes anti-Chine. Faire du show politique est (une méthode) extrêmement erronée », a dénoncé Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Cette rencontre nourrit donc la rhétorique habituelle du gouvernement chinois, analyse notre envoyé spécial à Hong Kong, Liu ZhifanUn gouvernement quine cesse d’étiqueter les manifestations hongkongaises comme une révolution de couleur, initiée par des puissances étrangères et dont le but serait de déstabiliser la Chine.

Lors de sa visite annuelle, ici, dans la capitale chinoise le week-end dernier, la chancelière allemande Angela Merkel avait déjà abordé le sujet sensible de l’ancienne colonie britannique en marge de sa rencontre avec Xi Jinping, indiquant que les droits et libertés devaient y être préservés. Une rencontre à laquelle beaucoup de médias occidentaux n’avaient pas pu assister, ici, à Pékin.

De leur côté, les autorités centrales sont à cran à quelques semaines désormais de la célébration des 70 ans de la proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong. Le 1er octobre est une date sensible pour Pékin et cette visite en Allemagne d’une des voix les plus critiques du régime communiste ne peut que déplaire à la Chine de Xi Jinping.

Visage du « Mouvement des parapluies » en 2014 à Hong Kong, Joshua Wong avait été arrêté fin août en même temps que plusieurs autres figures de la contestation hongkongaise. Inculpé pour « incitation à prendre part à un rassemblement interdit », il avait été rapidement libéré sous caution.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here