jeudi, octobre 29, 2020

Ben Zayed, le héros d’un scandale de corruption en Malaisie, selon les enregistrements vocaux

Courrier arabe

La Commission malaisienne anti-corruption a publié deux enregistrements vocaux, révélant la complicité et l’implication du prince héritier des Émirats arabes unis (EAU), Mohamed ben Zayed, et de l’ancien Premier ministre malaisien, «Najib Abderrazak», dans des affaires de corruption au pays.

La commission malaisienne affirma, mercredi, que les deux responsables avaient prévu des affaires de blanchir, aux États-Unis, des sommes d’argent dérobés à la société malaisienne de développement stratégique «1Malaysia Development Berhad» (1MDB).

Quel était le but des appels téléphoniques ?

Sachant que les enregistrements avaient été publiés, après que le ministère américain de la Défense avait déposé une affaire judiciaire, pour geler les actions de «1MDB», prétendant que 3,5 milliards de dollars de l’argent public malaisien avaient été dérobés.

Les autorités malaisiennes ont signalé que les deux conversations téléphoniques avaient eu lieu le 22 juillet 2016, notant que «durant le premier enregistrement, «Najib Abderrazak» avait demandé à «ben Zayed» de transférer l’argent pour «Reda Aziz», son beau-fils, qui réside à New York, prétendant que la somme lui avait été offerte par le prince émirati, afin de couvrir les frais de la production d’un film à Hollywood, qui lui coûta des dizaines de millions de dollars».

Alors que durant le deuxième enregistrement «ben Zayed» avait accepté de se lancer dans l’affaire, en envoyant l’argent directement à «Reda Aziz», ou à travers la compagnie «al-Abrar», dont le président n’est d’autre que «Mansour», le frère de «ben Zayed».

Et bien que les enregistrements démontrent clairement que les deux hommes étaient vigilants et n’avaient pas abordé les détails de l’affaire par téléphone, «Abderrazak» avait affirmé que leur révélation nuirait aux relations diplomatiques et aux intérêts nationaux.

Après leur publication, Courrier arabe a fait la traduction de la conversation qui s’était déroulée en Anglais, et dans ce qui suit le déroulement de la première conversation ;

Ben Zayed : Monsieur le Premier ministre, comment allez-vous ?

Abderrazak : Je vais bien, et je suis très heureux de parler à votre majesté, comment allez-vous ?

Ben Zayed : Tout le monde ici vont bien, et votre famille ?

Abderrazak : La famille ici va bien, sauf que nous sommes confrontés à une rude épreuve, à cause de l’annonce lancée hier par le ministère américain de la Défense, et c’est pour cela que votre rôle est important, pour nous faire sortir de cette crise, liée à «1MDB» et à «Mbic», au plus vite possible. La situation est très embarrassante pour nos deux pays, car la Malaisie est touchée autant que les EAU et certaines personnalités qui vous en sont proches. Je souhaite que nous trouvons une solution, au plus vite, mais j’ai du mal à vous parler par téléphone, pouvons-nous nous rencontrés dès que possible, pour résoudre cette problématique.

Ben Zayed : Monsieur le Premier ministre, pour ma part, ceci est possible. Sauf que j’ai des engagements avec le cheikh «Khalifa», il a un traitement et des analyses à faire, et je dois aller lui rendre visite après-demain. Qu’en dites-vous si nous nous réunirons après cela?

Abderrazak : Votre majesté, quand sera-t-il possible de votre part?

Ben Zayed : Je reviendrai après 7 ou 8 jours.

Abderrazak : 7 ou 8 jours!

Ben Zayed : Si vous pensez que c’est trop loin, je pourrai arranger d’autres, vous pourrez rencontrer «Khaldoune», le  président de la compagnie «al-Abrar», je lui fais confiance et il peut me remplacer.

Abderrazak : Oui… Où sera votre majesté samedi?

Ben Zayed : Dimanche je serais en visite, pour voir le cheikh «Khalifa».

Abderrazak : et vous partirez quand? Dimanche?

Ben Zayed : Je ne suis pas sûr.

Abderrazak : Vous n’êtes pas sûre?

Ben Zayed : Pas pendant la matinée.

Abderrazak : Pas pendant la matinée? … Pourrai-je vous rencontrer dimanche matin?

Ben Zayed : Je pourrai arranger cela.

Abderrazak : Je pourrai voyager samedi soir, et vous voir dimanche matin, et nous discuterons, avec votre majesté, avant votre vol, car en réalité la situation est urgente, et si nous ne la traitons pas, elle risque d’évoluer.

Ben Zayed : Pourrai-je vous rappeler d’ici deux heures ?

Abderrazak : Vous pouvez me parler vers environ 11h30, selon notre timing, ce qui sera d’ici 2h30, est-ce possible?

Ben Zayed : Bien sûr, bien sûr, je vous appellerai.

Abderrazak : Merci.

Quant au deuxième enregistrement, il se déroula comme suite ;

Ben Zayed : Monsieur le Premier ministre, je m’excuse du retard.

Abderrazak : HHHH, Bien venu votre majesté.

Ben Zayed : Monsieur le Premier ministre, nous avons eu des discussions avec mes conseillers ici présents. Pour moi, je n’ai aucun problème samedi, sauf le temps est très serré, et il sera contre vous et contre moi, pour cela je voudrai trouver une autre solution. Monsieur le Premier ministre, «Khaldoune» dispose de toutes les autorités, et moi, en réalité, je cherche sérieusement à résoudre ce problème.

Abderrazak : Très bien.

Ben Zayed : C’est pour cela que je propose qu’il rencontre quelqu’un, il pourra être vous ou n’importe quelle autre personne, que vous chargerez de la mission. Je ne voudrai pas retarder l’affaire encore plus, et je vous affirme que nous sommes sérieux, à vouloir trouver une solution qui sera dans les intérêts de nous deux.

Abderrazak : Oui, c’est un intérêt commun, donc vous pensez qu’il n’est pas obligatoire que je voyage personnellement, et que l’affaire soit suivie par d’autres.

Ben Zayed : Oui, il y’a des gens pour s’occuper de l’affaire.

Abderrazak : Avez-vous dit qu’il était possible que vous veniez?

Ben Zayed : J’ai dit que «Khaldoune» allait venir… Monsieur le Premier ministre, un ministre pourra aussi venir avec «Khaldoune».

Abderrazak : Quand est-ce que «Khaldoune» pourra venir ici ?

Ben Zayed : Je vais l’appeler maintenant, il est en Californie, et je peux lui demander de bouger directement depuis là-bas.

Abderrazak : J’ai une demande personnelle votre majesté, c’est au sujet du visa de mon fils et de son film, nous pouvons signer un accord avec le cheikh «Mansour». Nous voulons signer un accord avec le cheikh «Mansour», dès qu’il sera disponible selon son agenda. Ceci fera l’affaire paraître légale, et qu’il s’agit d’un accord de financement non pas de blanchiment d’argent. Il est actuellement exposé à une grande pression aux États-Unis, et je suis inquiet pour lui, car ils risquent de le prendre. Je vous en serai reconnaissant si la signature de l’accord pouvait s’effectuer rapidement, pour que le cheikh «Mansour» puisse engager quelqu’un pour commencer à verser la somme, afin que la transaction paraisse comme étant légale. Et dès qu’il recevra l’argent, sa source sera identifiable, car il ne sait pas d’où provient l’argent, je ne veux pas qu’il soit victime. S’il ne sait pas d’où provient l’argent, il ne croira pas qu’il vient d’al-Abrar, présidée par le cheikh «Mansour», et je me rappelle votre majesté que vous aviez cité son nom, et que vous l’aviez demandé lorsque nous étions à Abu-Dhabi.

Ben Zayed : Nous ferons ensembles notre possible.

Abderrazak : Je voudrai en finir rapidement avec le contrat votre majesté, et ceci c’est une requête personnelle, au plus vite possible, préférable si on pouvait signer le contrat lundi ou mardi. Pouvez-vous suggérer commet ceci pourrait-il se faire ?

Ben Zayed : (enregistrement pas clair) Oui, nous travaillerons sur l’affaire monsieur le Premier ministre.

Abderrazak : Tout ce qu’il fait c’est produire des films, et le cheikh «Mansour » lui avait offert un prêt à travers la compagnie al-Abrar….

Ben Zayed : Ne vous inquiétez pas monsieur le Premier ministre.

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