Dans un acte choquant, quatres manifestantes déshabillées dans un commissariat de police à Alger

Courrier arabe

Plusieurs militants politiques et associatifs du Mouvement Démocratique et Social ( MDS ), et du Rassemblement Actions et Jeunesse ( RAJ ), ont été arrêtés, samedi dernier, lors d’un sit-in à à la Grande-Poste et transférés dans un commissariat de Baraki à 15km au sud-est d’Alger.

En effet, quatres militantes parmi eux ont été contraintes de se déshabiller complètement à l’intérieur des locaux du commissariat.

Amel, une des quatres jeunes filles raconte sa mésaventure dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux :  » samedi à 17h, nous étions à la Grande-Poste pour faire un rassemblement, avant même de le commencer, les manifestants ont été embarqués et frappés par la police. Arrivés au commissariat et après trois heures d’attente, les policiers nous ont fait entrer dans un bureau, l’une après l’autre, quand je suis entrée, j’ai trouvé un officier femme en tenue de civile qui a exigé que je me dénude et lorsque je lui est demandé pourquoi ? Elle m’a répondu : c’est la procédure, nous ne pouvons pas faire autrement sauf si tu veux rester ici plus longtemps. Lorsque j’ai enlevé tous mes habits, elle touchait mes seins puis m’a demandé d’écarter les jambes avant de commencer sans gants, à fouiller mes parties intimes. La fouille a duré une quinzaine de minutes « .

La militante s’interroge avec amertume :  » pourquoi nous nous trouvons obligées de subir une telle humiliation simplement parce que nous sommes sorties pour revendiquer nos droits ? « .

Le militant Samir Larabi a affirmé, dans un entretien avec le site  » Actu’fil « , qu’au moins « trois parmi les quatres jeunes femmes qui ont subi ce traitement vont déposer plainte contre la police. Elles vont voir des avocats aujourd’hui ».

Ces abus à l’égard des manifestants ne sont pas les premiers de ce genre. En effet, la marche hebdomadaire de vendredi a été marquée par des actes de violence. La police a tiré des bombes lacrymogènes sur les manifestants pacifiques notamment dans le tunnel des facultés où des femmes, des enfants et des personnes âgées étaient pris au piège dans une atmosphère devenue irrespirable.

De plus, la police a utilisé des balles en caoutchouc contre les manifestants et des canons à eau qui ont visé des familles avec enfants. La marche des étudiants le mardi a été aussi violemment réprimée après que le chef du gouvernement Bedoui a annoncé l’interdiction des marches durant la semaine à Alger.

Après que toutes les tentatives de contourner les revendications du peuple ont misérablement échoué, la répression est-elle une dernière carte que le pouvoir tente de jouer afin d’éteindre l’insurrection populaire ?

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