jeudi, octobre 22, 2020

Trump annonce la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi

Il n’avait plus donné signe de vie depuis un enregistrement audio diffusé en novembre 2016. Le chef du groupe État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, aurait été visé par une opération militaire en Syrie et aurait été tué, ont affirmé samedi plusieurs médias américains. Une information confirmée par le président des États-Unis ce dimanche. « Abou Bakr al-Baghdadi est mort », a-t-il déclaré lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche. Abou Bakr al-Baghdadi est mort « comme un chien », a précisé le chef de l’État américain. Le leader de l’État islamique s’est fait exploser avec sa « veste » chargée d’explosifs. Trump a remercié la Russie, la Turquie, la Syrie, l’Irak et les Kurdes.

Le chef de l’EI, « calife » autoproclamé en 2014 ayant un temps présidé aux destinées de 7 millions de personnes en Irak et en Syrie, « n’est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche », a-t-il martelé ; précisant qu’il s’était fait exploser avec sa « veste » chargée d’explosifs alors qu’il s’était réfugié dans un tunnel creusé pour sa protection. « Il est mort après avoir couru dans un tunnel sans issue, gémissant, pleurant et criant », a-t-il encore relaté. « Le voyou qui a tellement voulu intimider les autres a passé ses derniers moments dans une véritable peur, en totale panique et dans l’effroi, terrifié par les forces américaines qui fondaient sur lui », a-t-il ajouté.

Des combattants de l’EI morts

Trois de ses enfants sont morts avec lui, a ajouté le président américain. « Il a déclenché sa veste (d’explosifs), se tuant ainsi que les trois enfants », a dit Donald Trump qui a précisé également : « Son corps a été mutilé par l’explosion ». Au cours du raid de l’armée américaine, un « grand nombre » de combattants de l’EI sont morts. « Aucun personnel (américain) n’a été perdu dans l’opération. Tandis qu’un grand nombre de combattants et de compagnons de Baghdadi ont été tués avec lui », a détaillé le président américain.

« C’était comme regarder un film »

« Capturer ou tuer Baghdadi était la priorité absolue de mon administration », a-t-il ajouté, lors d’une allocution suivie d’une longue séquence de questions-réponses avec les journalistes. Le « califat » territorial de l’EI a été déclaré défait par les Américains en mars dans son dernier réduit en Syrie. « C’était comme regarder un film », a raconté Donald Trump, relatant comment il avait visionné en temps réel le raid américain grâce à des caméras embarquées par les forces spéciales.

En tout début de matinée, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources sur le terrain, avait fait état également d’une opération de commandos américains héliportés et débarqués dans la nuit dans la région d’Idleb (Nord-Ouest). Les tirs de huit hélicoptères ont visé après minuit une maison et une voiture aux abords du village de Baricha, à quelques kilomètres de la frontière turque, a déclaré à l’AFP le directeur de l’OSDH, qui fait état d’au moins neuf morts, dont deux femmes et un enfant, sans pouvoir dire si le chef de l’EI se trouvait dans le secteur.

Une opération qui a duré

Abdelhamid, un habitant de Baricha, s’est rendu dans le secteur touché très tôt dimanche matin. « Il y a une maison écroulée, des tentes et une voiture civile endommagées avec deux morts à l’intérieur », a-t-il raconté à l’Agence France-Presse. Aux abords de Baricha, un correspondant de l’Agence France-Presse a pu voir la carcasse d’un minibus carbonisé, touché par des bombardements. « L’opération a duré au moins jusqu’à 3 h 30 du matin », a précisé un autre habitant.

Un groupe djihadiste contrôlant la région a bloqué dimanche l’accès au site visé par l’opération américaine, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse. Il a précisé que des combattants du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), djihadistes rivaux de l’EI qui dominent cette région de la Syrie, avaient pris position autour d’une maison en ruines au milieu des oliviers de Baricha. Quelques journalistes ont pu brièvement s’approcher des ruines de cette maison totalement détruite. Des pelleteuses étaient à l’œuvre pour déblayer les gravats.

L’aide de l’Irak

Le commandement militaire irakien a annoncé dimanche avoir fourni la localisation du chef du groupe djihadiste État islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi en Syrie pour le raid américain qui l’a tué. « Une section spécialisée a travaillé pendant un an » et « le renseignement national a pu (…) localiser le repaire » de Baghdadi, et « grâce à cela, l’opération américaine a été menée », indique un communiqué. Peu avant, en annonçant cette mort, le président américain Donald Trump avait remercié l’Irak, parmi d’autres pays.

Une source au sein du renseignement irakien a affirmé à l’Agence France-Presse que ce service surveillait les déplacements de Baghdadi en Syrie et avait finalement pu le localiser grâce à l’appel téléphonique de l’une de ses épouses, qui se trouvait avec lui. Un second responsable irakien a ajouté que le renseignement irakien avait également exploité des informations obtenues auprès de deux femmes en détention dans le pays, l’une des épouses du chef djihadiste et la femme d’un de ses très proches collaborateurs.

Ce développement intervient dans une période d’intense activité militaire dans le nord de la Syrie, où les forces turques ont lancé le 9 octobre une vaste offensive contre les forces kurdes. De leur côté, Damas et son allié russe ont accéléré le déploiement de leurs troupes à la frontière turque, tandis que les Américains ont annoncé l’envoi de renforts militaires dans l’est pétrolier de la Syrie.

Dernière apparition publique en 2014

La dernière apparition de Baghdadi, la première en cinq ans, remontait à une vidéo de propagande du 29 avril où il appelait ses partisans à poursuivre le combat. En septembre, il avait appelé dans un enregistrement audio ses partisans à « sauver » les djihadistes détenus dans les prisons et leurs familles vivant dans des camps de déplacés notamment en Syrie et en Irak. C’est à Mossoul, en Irak, que le chef de l’EI a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée Al-Nouri.

De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, le chef de l’EI serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis militaire avant d’étudier la théologie. C’est lors de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 qu’il crée un groupuscule djihadiste sans grand rayonnement avant d’être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca.

Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d’Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s’installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak. Le groupe, rebaptisé État islamique, supplante Al-Qaïda, tandis que ses succès militaires initiaux et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

SourceLe Point

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières infos

Covid-19 : une partie de l’Europe se referme face à la résurgence du virus

L'Europe se referme de plus en plus pour contrer la nouvelle vague de Covid-19, à l'instar de la République tchèque où le gouvernement a annoncé des restrictions aux...

L’Égypte tente de renouer avec l’Arabie saoudite, après un désaccord remontant à la crise du...

Des sources diplomatiques ont signalé que «des communications étaient en cours entre l’Égypte et l’Arabie saoudite, après un long silence radio à l’ombre de...

Un avion israélien atterrit à l’aéroport de la capitale soudanaise

Un site électronique israélien a rapporté, mercredi soir, qu’un avion israélien a atterri à l'aéroport de la capitale soudanaise Khartoum, dans le cadre des...

Le Qatar appelle à intervention internationale concernant la construction des unités coloniales israéliennes en...

Le parlement qatari a appelé, hier mercredi, à «une intervention internationale urgente pour mettre fin à la construction des colonisations israéliennes réalisées sur les...

Voici l’identité de l’espion des Émirats arabes unis arrêté en Turquie  

La télévision officielle turque «TRT» a mentionné, mardi, que le service des renseignements secrets (MIT) avait arrêté un Jordanien d’origine palestinienne accusé d’espionnage au...