jeudi, février 25, 2021

En Irak, la guerre Iran-USA a déjà commencé

Des milliers de manifestants pro-iraniens en uniforme de « Hachd al-Chaabi », une coalition de paramilitaires dominée par des factions chiites pro-iraniennes à laquelle appartiennent les brigades du Hezbollah, ont attaqué mardi l’ambassade des États-Unis à Bagdad, brûlant des drapeaux américains, arrachant des caméras de surveillance et criant « Mort à l’Amérique ».

Ces événements interviennent après les raids américains meurtriers contre un groupe armé irakien pro-iranien, selon l’AFP. Les participants au cortège funéraire de 25 combattants tués dans les raids aériens, dimanche en Irak, sont parvenus à traverser sans encombre l’ensemble des checkpoints de l’ultrasécurisée et inviolable Zone verte de Bagdad, où siège l’ambassade des États-Unis. La zone verte à Bagdad n’a, depuis le 1er octobre, début de la rébellion populaire, jamais pu être foulé par les manifestants.

Les Forces de sécurité irakiennes, qui jusqu’à l’arrivée des manifestants aux portes de l’ambassade, avaient significativement fait preuve d’une « complicité » pour le moins tacite, sont intervenues dès que les « assaillants » se sont montrés trop hostiles et violents.

Ces derniers, hommes en uniforme de combattants de la faction visée par les raids, mais aussi des femmes brandissant des drapeaux irakiens du Hachd et des banderoles aux slogans haineux et malveillant envers les États-Unis : « Le Parlement doit dégager les troupes américaines, sinon c’est nous qui allons les dégager », « Fermez l’ambassade américaine à Bagdad », ils ont crié « l’Amérique est le grand Satan ».

Au vu de l’évolution de la situation et de l’escalade des hostilités, il est comme qui dirait que l’Irak pourrait bien servir de front de bataille à un règlement de compte entre les deux ennemis avoués, l’Iran et les États-Unis. Washington, qui petit à petit, se désengage politiquement et militairement de ces régions du monde, qui lui sont hostiles pourrait bien y faire des heures supplémentaires au vu de ce qui s’y passe actuellement.

En effet estimant la guerre contre l’E.I achevée, un maximum des troupes américaines est rentré à la maison. Mais les Américains biens que réduits restent présents dans la région et leur Force de frappe est autant puissante que dissuasive et il vaut mieux ne pas trop s’y frotter tellement.

Mais la nouveauté aujourd’hui, c’est la position gouvernementale irakienne. Les autorités qui manifestement ont longtemps ménagé le chou et la chèvre ont, semble-t-il, privilégié de sacrifier un allié pour l’autre, « bon voisinage » oblige. Téhéran et Washington faut-il le rappeler, s’étaient trouvées en position d’alliés « forcés » sur le terrain quand toutes deux combattaient la menace que représentait l’extrémisme sunnite de l’État islamique.

La guerre achevée en 2017, les milices chiites ont intégré l’armée irakienne, mais sont restées sous l’influence de l’Irak. De plus ce sont elles, qui essayent de contenir les manifestations actuelles contre le régime qu’elles défendent. Après plusieurs mois d’escalade, le conflit qui oppose les États-Unis et l’Iran, de ces derniers événements à des allures de guerre ouverte. On comprend donc le laxisme gouvernemental envers les manifestants qui ont marché mardi contre les Américains jusqu’à leur ambassade censée être protégée par les autorités et de surcroît dans une zone quasi inviolable de Bagdad.

SourceHESPRESS

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