mercredi, janvier 20, 2021

Haitham Ben Tarek, cousin du défunt sultan Qabous, nouveau souverain d’Oman

Le nouveau sultan d’Oman, Haitham ben Tarek, a promis de marcher dans les pas de son prédécesseur et cousin, Qabous, le père fondateur de l’Oman moderne, et devrait engager son pays dans une nouvelle phase de son développement, selon les analystes.

Le nouveau souverain a remplacé samedi le sultan Qabous mort à 79 ans après avoir dirigé le sultanat pendant 50 ans, le faisant passer du statut d’un pays arriéré et isolé à celui d’une nation moderne, neutre et respectée dans le Golfe et sur la scène internationale.

Haitham ben Tarek, âgé de 65 ans est un passionné de sport, qui a occupé le poste de sous-secrétaire du ministère des Affaires étrangères pour les affaires politiques, avant de devenir ministre du Patrimoine et de la Culture au milieu des années 1990.

Au ministère des Affaires étrangères, il a eu l’occasion de représenter son pays dans des conférences internationales mais reste relativement peu connu sur le plan international. Il a également été le premier dirigeant de la Fédération de football d’Oman au début des années 1980.

La promesse de suivre la voie tracée par Qabous

Grand de taille, avec une barbe blanchie par les années, le nouveau sultan a joué un rôle clé auprès de plusieurs multinationales étrangères et a été l’artisan de la réalisation de plusieurs grands projets, notamment dans le domaine de l’énergie et du tourisme. Selon ses biographes, il a supervisé, en tant que ministre du Patrimoine et de la Culture, la restauration de nombreux monuments historiques et la publication d’une encyclopédie d’Oman, un ouvrage de référence sur le sultanat.

Dans son premier discours en sa qualité de sultan, Haitham ben Tarek a promis de marcher dans les pas de son prédécesseur, notamment en matière de politique étrangère. « Nous allons suivre la voie tracée par le sultan défunt », a déclaré Haitham ben Tarek.

Il s’est engagé à poursuivre une « politique étrangère basée sur la coexistence pacifique entre les nations (…) et sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres, dans le respect de la souveraineté des nations et de la coopération internationale ». Il a ajouté que son pays continuerait « comme sous le règne du sultan Qabous à favoriser des solutions pacifiques » aux crises régionales et mondiales.

Cette politique a jusqu’ici permis à Oman d’échapper aux tensions de mise dans la région. Depuis sa mort, le sultan Qabous a eu droit à des louanges venues de tous les horizons. Alors que les États-Unis saluent « un allié important » par la voix de leur ancien président Georges Bush, et les Émirats arabes unis « un dirigeant sage », l’Iran déplore « une perte pour la région » et le président syrien Bachar el-Assad salue « sa grande sagesse ». Oman est le seul pays membre du conseil de coopération du Golfe à avoir maintenu des relations diplomatiques avec Damas depuis le début de la guerre.

Les défis économiques du nouveau sultan

Engager Oman dans une nouvelle phase de son développement économique sera une tâche difficile pour Haitham ben Tarek, car l’économie d’Oman est très dépendante de la rente pétrolière.

Le secteur des hydrocarbures constitue aujourd’hui le principal moteur de la croissance d’Oman. Les ventes de pétrole et de gaz représentent près d’un tiers du PIB et trois quarts des recettes budgétaires du pays malgré un plan de diversification de l’économie censé développer le secteur non pétrolier.

La croissance a baissé ces dernières années à cause de la chute des cours de pétrole. Conséquence, le pays souffre d’un déficit élevé, la dette externe explose, elle dépasse les 100% du PIB et le chômage des jeunes est très important.

Pour sortir de cette situation, les autorités ont présenté il y a un an un plan de développement à long terme appelé Vision 2040. Son objectif est de rendre l’économie moins dépendante des hydrocarbures. Pour cela, le plan vise à réduire le rôle de l’État dans l’économie en stimulant le secteur privé, à développer l’industrie du tourisme et donner une place plus importante aux investissements étrangers.

Mais les analystes sont sceptiques quant à la réalisation de ces ambitions. Elles sont basées sur une croissance moyenne de 6% par an, ce qui est un chiffre totalement irréaliste selon eux.

SourceRFI

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