mardi, juillet 27, 2021

Honduras: Une fusillade fait 18 morts dans une prison

Au moins 36 membres de gangs sont morts ce week-end au cours d’affrontements dans plusieurs prisons du Honduras. L’armée et la police tentent de reprendre le contrôle de la situation, perdu après une série de meurtres liés à ces bandes criminelles très nombreuses dans le pays.

Deux tueries en deux jours. Au moins 18 personnes sont mortes ce dimanche 22 décembre lors d’un affrontement dans une prison du centre du Honduras, a indiqué le sous-lieutenant José Coello en rendant publique la liste des victimes. Cet affrontement « à l’arme à feu, au couteau et à la machette », qui a également fait deux blessés, a éclaté dans la prison d’El Porvenir, à 60 km au nord de la capitale Tegucigalpa. Sur les 18 prisonniers tués, seuls trois avaient été jugés. Les autres attendaient leur procès courant 2020.

Dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 décembre, une autre fusillade avait également fait 18 morts, ainsi que 16 blessés, dans la prison de la ville portuaire de Tela, à 200 km au nord-ouest de Tegucigalpa.

Ces deux massacres surviennent peu après des mesures sécuritaires prises par le président hondurien Juan Orlando Hernández. Invoquant la nécessité d’enrayer une vague d’assassinats dans les prisons, le chef de l’État avait ordonné le 17 décembre à la police et l’armée de prendre le contrôle total des 27 prisons du pays, où s’entassent plus de 22 000 détenus, pour 8 000 places.

Série d’assassinats

La décision présidentielle a été prise trois jours après l’assassinat de cinq membres du gang de la Mara Salvatrucha (MS-13)par un codétenu de la prison de haute sécurité de La Tolva, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tegucigalpa. La veille, c’est Pedro Idelfonso Armas, le directeur de la principale prison de haute sécurité du pays de El Pozo I, à Santa Barbara, dans l’ouest du pays, qui avait été abattu.

M. Armas avait été suspendu peu auparavant pour les besoins d’une enquête sur sa présence lors de l’assassinat par des détenus de Magdaleno Meza, un trafiquant de drogue dont les aveux et des carnets de note avaient permis d’accuser le frère du président hondurien, Juan Antonio « Tony » Hernandez. Ce dernier a étéjugé coupable de trafic de drogue par un tribunal de New York. Selon une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, le directeur de la prison parlait avec Magdaleno Meza lorsque des gardes ont ouvert le feu, provoquant une confusion qui a permis à une douzaine de détenus d’abattre le trafiquant de drogue à bout portant.

« Académies du crime »

Les autorités ont déclaré l’état d’urgence la semaine dernière. Le contrôle des deux tiers des prisons est entièrement transféré à 1 200 policiers et militaires qui doivent être déployés ces jours-ci.

Les prisons du Honduras sont considérées comme de véritables « académies du crime ». Le crime organisé, le narcotrafic et les gangs ont amené le Honduras à avoir le taux d’homicides le plus élevé au monde, avec 86,5 pour 100 000 habitants en 2011, soit environ neuf fois la moyenne mondiale. En 2018, le taux est descendu à 40 mais il y a un rebond et il devrait atteindre 42 en 2019, selon l’Observatoire de l’Université nationale.

SourceRFI

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