samedi, octobre 31, 2020

Hong Kong: 800 000 manifestants dans la rue pour les six mois de la contestation

L’ancienne colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour réclamer des réformes démocratiques.

Près de 800 000 manifestants pro-démocratie ont défilé ce dimanche 8 décembre dans les rues de Hong Kong, pour marquer l’anniversaire des six mois de contestation face au régime de Pékin, ont indiqué les organisateurs. Ce chiffre est le plus élevé depuis le début des protestations à Hong Kong, en juin dernier.

« Nous ne reculerons pas »

Cette manifestation se déroulait deux semaines après le triomphe des candidats pro-démocratie lors des élections locales du 24 novembre, qui est venu démentir avec force l’affirmation des autorités selon laquelle la majorité silencieuse s’opposerait aux manifestants.

Nombre d’entre eux, vêtus de noir, entendaient exprimer leur colère à l’égard de Pékin et de la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui continuent de refuser d’accéder à des demandes qui ont été renforcées par la large victoire électorale des pro-démocratie.

« Quelle que soit la façon dont nous exprimons nos opinions, par une marche pacifique, par des élections civilisées, le gouvernement n’écoutera pas, a déploré un manifestant de 50 ans auprès de l’AFP. Il n’obéit qu’aux ordres du Parti communiste chinois. »

« Je ne sais pas combien de temps durera le combat, a ajouté un autre manifestant. Pour l’instant, je n’en vois pas la fin, mais nous ne reculerons pas. »

Une manifestation pacifique après des mois de contestation

La police a autorisé ce rassemblement organisé par le Civil Human Rights Front (CHRF) à travers l’île de Hong Kong, une première depuis la mi-août. « C’est la dernière chance donnée par le peuple à Mme Lam », avait déclaré ce vendredi 6 décembre aux journalistes Jimmy Sham, un des responsables du CHRF. Prônant la non-violence, la plateforme avait organisé les grandes manifestations de juin et juillet.

Au cours des derniers mois, les autorités hongkongaises ont interdit les principaux rassemblements, invoquant des risques de violences. D’importantes manifestations n’ont cependant pas cessé de braver ces interdictions, et nombre d’entre elles ont dégénéré en affrontements violents entre les protestataires et les forces de l’ordre, plongeant la mégapole, habituellement ordonnée, dans la récession, voire le chaos. Épisode le plus spectaculaire : 1 100 personnes ont été arrêtées au mois de novembre à l’Université Polytechnique, située sur la péninsule de Kowloon, qui était devenue le théâtre d’affrontements violents.

Quelques heures avant le début de la manifestation de ce dimanche, les forces de l’ordre ont présenté des armes à la presse, notamment un pistolet et des couteaux, affirmant les avoir saisis lors d’opérations de police, dans la nuit. 11 personnes ont été arrêtées. « Nous pensons que le groupe [des personnes interpelées] avait l’intention d’utiliser ces armes pour inciter au chaos lors du rassemblement […] et d’attaquer la police », a déclaré le commissaire principal Lee Kwai-Wa, du bureau de la lutte contre le crime organisé.

Une nouvelle action de blocage de grande ampleur prévue ce lundi

Ce rassemblement intervient à la veille de l’anniversaire de six mois de mobilisation. Celle-ci avait débuté avec une imposante manifestation, le 9 juin, contre un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine notamment, et qui a depuis été enterré.

De nombreux forums en ligne utilisés par les protestataires appellent à marquer ce lundi cet anniversaire par une nouvelle action de blocage de grande ampleur des transports en commun, en cas d’absence de réponse de l’exécutif local. Mais aucun signe ne laisse présager un changement de position de Carrie Lam.

Depuis les élections locales, la cheffe de l’exécutif, dont le taux de soutien au sein de la population est à un niveau historiquement bas, n’a fait aucune concession au camp pro-démocratie. La réputation de la police a également été sérieusement écornée par ces mois de troubles. Elle a cependant défendu sa manière de gérer les manifestations et affirmé que les forces de l’ordre étaient confrontées à une montée en puissance de la violence des protestataires les plus radicaux.

SourceRFI

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