Le sénateur démocrate américain «Chris Murphy» a déclaré que les informations en possession du Sénat des États-Unis indiquent l’implication directe du prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, et ceci au milieu d’appels humanitaires proclamant son jugement.

Lors d’une interview exclusive avec la chaîne qatarie «al-Jazeera», le sénateur a mis en garde contre un scénario où Riyadh se transformera en partie dominante dans le cadre de ses relations avec Washington, «au cas où l’administration du président Donald Trump épargne la sanction au système saoudien» avait-il souligné.

Murphy, qui est aussi membre du comité des relations étrangères au Sénat américain, a affirmé que «le Congrès avait l’intention d’appliquer la loi, dans l’affaire Khashoggi, et de juger les responsables du crime».

Il ajouta: «La prince héritier saoudien a menti aux États-Unis, tout au long des deux semaines dernières, en réalité, il a raconté des mensonges au monde entier, alors pourquoi devons-nous le croire?», en illusion à la récente interview avec la BBC américaine, où ben Salmane avait reconnu avoir une responsabilité, étant donné que le meurtre avait eu lieu sous sa régence, avait nié en avoir la moindre implication.

Les journalistes insistent sur une enquête transparente

De son côté, «Anthony Belanger», le secrétaire général de l’Union internationale des journalistes «IFJ», a annoncé que «l’Union continuerai à proclamer une enquête internationale et indépendante, dans le crime de Khashoggi», affirmant que lui et ses confrères, refuserons toute dissimulation politique sur l’affaire.

Anthony Belanger nota que «les autorités saoudiennes avaient entravé le parcours de la justice, et entrepris des mesures troublantes, en restant discrètes sur le déroulement des enquêtes», tout en affirmant que «si les responsables ne seront pas jugés, les gouvernements répressifs dans le monde, prendront l’action pour un feu vert, lanceront des crimes ciblant les journalistes».

Des protestations

Dans ce contexte, le comité de la protection des journalistes, ainsi que plusieurs autres fondations humanitaires, ont organisé une manifestation pacifique devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington, pour commémorer le 1er anniversaire du meurtre de Khashoggi.

Les activistes avaient brandi des pancartes critiquant le royaume, à cause de la guerre désastreuse menée au Yémen, et de son registre humanitaire honteux, et proclamant le jugement du prince héritier ben Salmane pour son implication au meurtre de Khashoggi.

Demandes de révélations

Au moment où la fondation «Nous enregistrons» a mis en garde contre la répétition du scénario de Khashoggi avec le journaliste saoudien «Turki al-Jasser», le comité de la protection des journalistes avait demandé à la CIA américaine de révéler les informations en sa possession au sujet de l’affaire Khashoggi.

Le comité, dans un communiqué diffusé à l’occasion du 1er anniversaire du meurtre, appela les autorités saoudiennes à révéler le sort du prédicateur «Solaiman al-Douich» porté disparu depuis 2016, et celui du journaliste «Turki al-Jasser» aussi disparu depuis mars dernier, indiquant que «la disparition des individus en Arabie saoudite avait dangereusement augmenté, depuis l’arrivée de Mohamed ben Salmane en tête du pouvoir», et notant également les menaces et les tortures barbares dont les détenus dans les prisons saoudiennes ont été victimes.

Au final, il convient de signaler que malgré les appels des fondations, les proclamations populaires, et les mobilisations des activistes et des militants, depuis plus d’une année, les États-Unis sont le théâtre d’un large conflit entre le Congrès qui proclame justice, et l’administration de Trump qui protège ben Salmane, et dissimule les pratiques du prince téméraire.

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