dimanche, juin 13, 2021

Les concessions faites par le régime égyptien pour s’approcher de Trump, dévoilées dans un reportage télévisé

Courrier arabe

Un reportage réalisé par al-Jazeera Mubasher s’est intéressé aux coulisses de la visite de Mike Pence, le vice-président des États-Unis le 20 janvier 2018, au Caire, affirmant que le régime égyptien avait présenté des concessions au niveau interne et régional, pour s’approcher de Donald Trump, le nouveau président américain à l’époque.

Le reportage indique que le Caire a tenté d’acheter des positions politiques, en cherchant à «corriger» le parcours de ses relations avec les États-Unis, depuis que Trump fut nommé président du pays.

Il a obtenu des documents, datant de la période où les relations personnelles entre le président égyptien, Abdel Fatah al-Sissi et Mike Pence furent les plus prospères.

Al-Jazeera Mubasher a commencé par parler d’un document que le ministère égyptien des Affaires étrangères, avait classé comme étant «confidentiel», et qui contenait des modifications notées personnellement par Samih Chokri, le ministre égyptien des Affaires étrangères, suite à la visite de Pence.

Des concessions économiques

«Les papiers contiennent des modifications écrites par Samih Chokri pour indiquer que l’Égypte a répondu aux demandes du gouvernement américain», avait signalé le reportage, en indiquant que «les Américains avaient demandé au Caire d’encourager les compagnies américaines, pour leur permettre d’accéder aux opportunités économiques disponibles en Égypte».

Il précisa : «Ainsi, le Caire a permis à la compagnie américaine, GE (General Electrics) d’être le fournisseur des Wagons, négligeant les autres offres plus concurrents».

«Chokri avait écrit, «GE fut promu pour gagner»», avait-il souligné, en rappelant que «le Caire avait versé un demi-milliard de dollars, pour acheter des wagons auprès de GE, subissant plus tard la colère populaire et médiatique, suite aux nombreuses pannes infligées au secteur ferroviaire du pays».

Des concessions juridiques

Le reportage a aussi pointé l’affaire où 17 citoyens étrangers, dont des Américains, furent accusés dans une affaire de financement d’ONG non gouvernementales.

Il signala que «ce dossier avait particulièrement entravé les relations du Caire avec Washington», et affirma que «l’Égypte, qui tenait à ouvrir une nouvelle page avec les Américains, avait tout fait pour le résoudre».

«Alors que les Égyptiens, aussi impliqués dans l’affaire, furet condamnés et interdits de voyager, les accusés américains avaient bénéficié de traitement particulier», avait-il raconté.

Il ajouta : «Le Caire a permis aux 17 accusés étrangers, de rejoindre Chypres, et le MAE égyptien avait signalé, à l’époque, que les mesures se présentaient dans le cadre des efforts déployés pour résoudre la situation des Américains impliqués dans l’affaire liée à des financements étrangers accordés à des ONG non gouvernementales».

Le reportage souligna aussi que «les autorités égyptiennes avaient également répondu à la demande américaine, permettant à Aya Hijazi (citoyenne égyptienne portant la nationalité américaine) de quitter rapidement l’Égypte, dès que son innocence fut proclamée», rappelant que «Hijazi fut reçu à la Maison-Blanche par Donald Trump, dès son arrivée aux États-Unis».

Le reportage parla d’autre document confidentiel, portant la signature du général Abbas Kamil, le directeur du cabinet d’al-Sissi, en 2018, et l’actuel président des renseignements secrets, signalant «qu’al-Sissi tenait personnellement à résoudre le dossier des accusés américains, au plus vite possible».

Les concessions régionales

Le reportage indique que «l’Égypte a également présenté des concessions au niveau régional, dans le but de se rapprocher de Trump».

«Le Caire a retiré la dénonciation qu’elle avait déposée, en 2016, auprès du Conseil de sécurité, en sa qualité de représentant des pays arabes, négligeant la colère palestinienne, la déception arabe et le regret de la classe politique égyptienne», avait-il noté.

«En échange, les Américains ont fermé l’œil»

Ainsi, le reportage signale que «des observateurs expliquent qu’en échange des concessions offertes par le Caire, Washington avait fermé l’œil contre les violations commises par le régime égyptien à l’encontre des droits de l’homme».

«Al-Sissi avait promis à Pence de prendre soin des détenus américains se trouvant dans les prisons égyptiennes, mais la promesse ne fut jamais tenue», avait-il raconté, en signalant que «bien que la mort de Mustapha Qassim en prison, après une longue grève de la faim, déclencha la colère américaine, elle confirma la nature des relations égypto-américaines».

Au final, al-Jazeera Mubasher se demanda «quel type de concessions le régime égyptien va-t-il offrir pour se rapprocher du nouveau président, Joe Biden ?».

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