samedi, août 15, 2020

Malgré la guerre, plus de 138.000 migrants et réfugiés sont entrés au Yémen

Le voyage de l’Afrique vers le Yémen reste la voie de migration maritime la plus fréquentée au monde, selon l’ONU.

En 2019, 11.500 personnes en moyenne embarquaient chaque mois sur des navires reliant la Corne de l’Afrique au Yémen, précise l’ONU dans un communiqué publié vendredi sur son site.

« Alors que les tragédies le long des routes méditerranéennes sont bien connues, notre personnel témoigne quotidiennement des abus subis par les jeunes de la Corne de l’Afrique aux mains des passeurs et des trafiquants qui exploitent leurs espoirs d’une vie meilleure », a déclaré Mohammed Abdiker, directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour la Corne de l’Afrique, cité dans le communiqué.

Les données recueillies par le tableau matriciel de l’OIM sur le suivi des déplacements montrent qu’au total, plus de 138.000 personnes ont ainsi traversé le golfe d’Aden pour se rendre au Yémen l’année dernière.

Dans le même temps, ce sont plus de 110.000 migrants et réfugiés qui ont traversé la Méditerranée vers l’Europe au cours de la même période, précise la même source.

C’est la deuxième année consécutive que la route dite de l’Est enregistre plus de traversées que la Méditerranée, relève encore l’ONU, rappelant qu’en 2018, environ 150.000 personnes ont fait le voyage.

Selon l’OIM, près de 90 % des personnes arrivées au Yémen en 2019 avaient l’intention de poursuivre leur voyage vers le Royaume d’Arabie saoudite.

Souvent originaires des régions rurales d’Oromia, d’Amhara et du Tigré, plus de 90 % des personnes faisant le voyage étaient des ressortissants éthiopiens, note encore l’OIM.

Non seulement la migration sur la route de l’Est n’a pas été réduite par cinq années de conflit au Yémen, mais les migrants ne semblent pas être découragés par les politiques d’immigration strictes du Golfe pour les sans-papiers, note l’ONU.

Et de préciser que la plupart voyagent à la recherche d’opportunités économiques inaccessibles chez eux, tandis que d’autres fuient l’insécurité, les violations des droits de l’homme et les conditions de vie difficiles.

Toutefois, la plupart ne sont pas conscients de la situation sécuritaire au Yémen, où ils sont confrontés à de graves problèmes de protection, notamment des combats actifs ou des abus tels que l’enlèvement, la torture contre rançon, l’exploitation et la traite, se désole l’ONU, rappelant que dans ces conditions, le mécanisme de protection le plus efficace pour les migrants reste l’établissement de voies légales de migration.

SourceAgences

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