Lors d’une interview télévisée, diffusée sur la chaîne américaine Fox news, le ministre qatari des affaires étrangères Cheikh Mohamed Bin Abderrahmane Al-Thani est revenu sur les questions clé qui agitent encore la région du Golfe suite au blocus du Qatar.

Sur le dossier syrien, il a précisé que c’est inacceptable de garder le silence face aux massacres commis par le régime d’Assad contre son peuple en le qualifiant de « criminel de guerre ». Il déclare : « Nous allons supporter toute solution pouvant mettre fin à ces crimes de guerre qui durent depuis sept ans » en soulignant que Bachar Al-Assad « est responsable personnellement des crimes commis contre son peuple et contre les civiles »

Le ministre qatari a appuyé également la décision américaine pour stopper ces massacres et mettre fin à la souffrance des civils syriens. Cette orientation témoigne de la volonté du Qatar à s’impliquer d’avantage dans les décisions internationales et agir en étroite collaboration avec les grandes puissances.

En réponse à la question concernant le blocus du Qatar imposé par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et le Bahreïn, le ministre a répondu que « le blocus est absurde et n’a servi à rien et à personne ». Al-Thani précise que les pays du blocus ont échoué durant des mois à apporter des preuves à leurs allégations infondées et à venir discuter les fondements de la crise autour d’une même table.

Le ministre des affaires étrangères a réaffirmé la position de son pays concernant la question du terrorisme en instant sur le fait que : « Le Qatar ne tolère pas et n’a jamais toléré le financement du terrorisme et elle travaille main dans la main avec l’administration américaine contre ce fléau ». Il ajoute : « Les accusations de financement du terrorisme sont des fausses accusations avancées par le groupe du Blocus à fin de ternir l’image du Qatar sur la scène internationale ».

Al-Thani résume les causes du blocus en une seule raison : « Chercher à confisquer la souveraineté du Qatar et la mettre sous l’hégémonie des autres » ; une attitude que le Qatar refuse fortement. Ce plan ne date pas d’aujourd’hui -ajoute le ministre-, mais remontre à une période plus tardive depuis la tentative de putsch en 1996 et les agressions qui n’ont n’a jamais cessé.

La question de la souveraineté était fondamentale dans le discours de Al-Thani, car tout l’enjeu de la crise que ce soit du côté des bloquants ou du bloqué est la question de souveraineté et la préservation de la décision nationale.  « Nous n’allons pas dilapider les ressources de notre pays et de notre peuple sur leurs aventures car c’est notre peuple qui est ciblé par ce blocus et c’est lui qui paye le prix fort » ajoute le ministre.

Concernant les relations avec l’Iran Al-Thani a répliqué : « C’est ironique de nous accuser d’avoir des relations privilégiées avec l’Iran alors que les Emirats Arabes Unis disposent de 96 % des transactions bilatérales entre les pays du CCG et l’Iran alors que le Qatar ne dispose que de 50 millions de dollars de commerce bilatéral »

Loin du discours émotionnel, Al-Thani place la relation de son pays avec l’Iran sur une base plus réaliste et moins arbitraire. Il précise que son pays partage avec l’Iran le plus large champ de gaz qui contribue à plus de 20 % de l’énergie mondiale. Il rappelle aussi la réalité de la géographie, car ils sont deux pays voisins. Ceci impose une relation sereine et une entente réciproque sur la base du respect mutuel et de l’exercice de la souveraineté.

Par ailleurs, il rappelle que son pays a des points des divergences concernant l’influence iranienne dans la région et principalement en Syrie et que son pays était parmi les premiers à avoir demandé d’endiguer cette influence.

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