jeudi, novembre 26, 2020

Sommet africain: Rejet du « Deal du siècle » et mise en garde contre l’escalade en Libye

Les dossiers du prétend « Accord du siècle », du conflit en Libye, de la lutte contre l’extrémisme et du retrait du Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme représentent les dossiers phares discutés lors du premier jour du Sommet africain qui a démarré dimanche à Addis-Abebas.

La 33e session ordinaire de l’Union africaine a démarré dimanche sur le thème « Faire taire les armes et préparer les conditions pour le développement en Afrique ».

Le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat a indiqué lors de son discours inaugural que « l’Afrique a besoin d’une coopération entre tous les partenaires internationaux pour résoudre la crise libyenne ».

Il a ajouté que : « Nous apprécions l’initiative pour la paix et la réconciliation en Libye parallèlement avec le processus de Berlin ».

Il a également appelé les Etats-Unis à retirer le Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme.

Moussa Faki s’est dit « préoccupé par le fait que les jeunes se tournent vers l’extrémisme ».

S’agissant du prétendu « Accord du siècle », il a déclaré que « cela aggravera la situation entre les Palestiniens et les Israéliens ».

Il a par ailleurs considéré le plan américain « comme une violation de toutes les résolutions et décisions des Nations Unies et de l’Union africaine, notant qu’il ne fera qu’accroître la tension ».

** L’Accord du siècle et l’Apartheid

A son tour, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a condamné le prétendu plan américain.

Dans son discours, il a indiqué que « les propositions de Trump sont similaires aux lois qui ont été mises en œuvre en Afrique du Sud pendant la période de l’apartheid ».

« Cela m’a rappelé la terrible histoire que nous avons traversée en Afrique du Sud », a-t-il ajouté.

Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, a appelé les Etats africains a renouveler leur rejet du prétendu Accord du siècle et à œuvrer à tenir un sommet international pour la paix.

Dans son discours prononcé au nom du président palestinien Mahmoud Abbas, Shtayyeh a déclaré: « Le plan de Trump ne représente pas le niveau minimum de justice et de droits pour notre peuple palestinien, et n’inclut pas le vrai sens de la souveraineté et de la liberté palestiniennes sur les points de passage, et il viole le droit international. »

« La Palestine est attachée à une solution politique sur la base des références internationales, mais ce plan veut imposer le statu quo, et camoufler le nom de cette situation, qui est l’occupation militaire, contraire aux lois et références internationales », a-t-il ajouté.

Il a souligné que « l’expérience des négociations n’avait pas abouti à une solution propice à la création d’un État palestinien et que les mécanismes utilisés devaient être repensés », sans donner plus de détails.

** La Crise libyenne, de plus en plus compliquée…

Quant au dossier libyen, le président mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazaouani, a indiqué, dans son discours, que « la crise en Libye devient de plus en plus compliquée et que ses répercussions s’aggravent à l’échelle de tout le continent africain ».

Il a souligné que « le G5 Sahel (cinq États du Sahel : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) a récemment mis en place, avec ses alliés, une feuille de route visant à accroître l’efficacité de sa réponse à l’activité croissante des mouvements terroristes ».

Il a par ailleurs noté que son pays « tient à réaliser le programme de l’Union africaine 2063, dans ses efforts pour trouver une transformation économique et sociale intégrale qui conduise à la construction d’une Afrique développée, prospère, sûre et stable ».

« Les Africains ne seront pas en mesure de mettre en place un développement durable ni de réaliser une intégration économique continentale fructueuse, sauf dans la mesure où nous pouvons parvenir à la sécurité et à la paix sur notre continent, en particulier en Libye et dans la région du Sahel à l’heure actuelle. »

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné, la nécessité d’un cessez-le-feu en Libye, affirmant que « seule une solution politique apportera la paix au peuple libyen ».

Guterres a déclaré que le conflit en Libye doit finir, ajoutant: « Nous ne devons pas oublier que la crise qui y sévit, comme la crise climatique, a un impact direct sur les États africains du Sahel et au-delà ».

Il a expliqué qu’il partageait avec les pays africains un sentiment de frustration face à la situation en Libye depuis 2011.

Et de poursuivre: « Nous avons développé un nouveau cadre de partenariat entre l’Union africaine et les Nations Unies pour mieux coordonner nos efforts conjoints ».

Le Secrétaire général a ajouté que la récente réunion de haut niveau de l’UA sur la Libye à Brazzaville (la capitale du Congo) est un pas positif sur la bonne voie.

« Je soutiens pleinement l’idée d’organiser une réunion en Afrique pour réconcilier les factions en guerre en Libye, et je veux confirmer que seule une solution politique des Libyens garantira la paix pour le peuple libyen », a-t-il poursuivi.

Et d’ajouter : « Le cessez-le-feu en Libye est une absolue nécessité ».

**Le retrait du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme

Concernant le Soudan, le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré qu’il était temps de retirer le Soudan de la liste des États parrains du terrorisme.

Le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, a également évoqué, dans son discours, la crise libyenne, déclarant: « La Libye connaît une grave escalade de la crise, plus de dix mois après le déclenchement des hostilités autour de Tripoli ».

« La Ligue des Etats arabes et l’Union africaine sont capables de sortir le pays de sa crise et de soutenir le processus de réconciliation nationale inclusif « .

Il a appelé à la consolidation de l’armistice existant entre les parties libyennes, à la conclusion d’arrangements permanents pour le cessez-le-feu et à sa surveillance, et à l’arrêt de toutes les formes d’ingérence extérieure dans les affaires libyennes.

Aboul Gheit a souligné que le processus de développement global ne peut pas être lancé en Afrique en dehors de l’établissement de la sécurité et de la stabilité sur le continent.

Il a appelé à maximiser l’action commune pour relever les défis de sécurité et les racines des crises politiques qui déstabilisent les pays du continent africain.

Le sommet africain durera deux jours, au terme desquels la présidence de l’Union africaine passera de l’Égypte à l’Afrique du Sud.

**Force africaine de lutte contre le terrorisme

Pour sa part, le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi, a exprimé la volonté de son pays d’accueillir un sommet africain consacré à la discussion sur la mise en place d’une force africaine de lutte contre le terrorisme.

Al-Sissi a déclaré: « La poursuite des conflits et l’augmentation des risques de terrorisme et d’extrémisme sont les principaux défis auxquels le continent africain est confronté ».

Il a ajouté: « Les efforts globaux de développement en Afrique ne seront pas efficaces sans une modernisation de l’infrastructure. »

SourceAgences

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