-0.7 C
New York
vendredi, mars 1, 2024

Buy now

spot_img

Washington appelle à contraindre le Parti communiste chinois à changer sa façon de procéder

Au lendemain de la fermeture du consulat chinois à Houston, le secrétaire d’État américain s’est violemment attaqué à la Chine, jeudi, en déclarant que les États-Unis et leurs alliés devaient faire preuve de « moyens plus créatifs et affirmés » pour contraindre le Parti communiste chinois (PCC) à changer sa façon de procéder, disant y voir « la mission de notre temps ». En représailles, Pékin a ordonné la fermeture du consulat américain de Chengdu.

 

L’escalade se poursuit entre Washington et Pékin. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé, jeudi 23 juillet, « le monde libre » à « triompher » de la « nouvelle tyrannie » incarnée selon lui par la Chine communiste, après la fermeture du consulat chinois à Houston décrit comme « une plaque tournante de l’espionnage ».

« La Chine d’aujourd’hui est de plus en plus autoritaire à l’intérieur du pays, et plus agressive dans son hostilité face à la liberté partout ailleurs », a-t-il déclaré en Californie lors d’un discours dont la tonalité rappelait plus que jamais la Guerre froide avec l’Union soviétique.

Dans une attaque d’une rare virulence contre le président d’une des principales puissances mondiales, il a aussi accusé Xi Jinping d’être un « adepte sincère d’une idéologie totalitaire en faillite », en faisant référence uniquement à ses fonctions de « secrétaire général » du Parti communiste.

Le discours entendait détailler la stratégie de fermeté du président Donald Trump face au géant asiatique, présenté à plusieurs reprises comme une « menace » ou un « danger ».

Il intervient au lendemain de l’annonce spectaculaire de la fermeture du consulat chinois dans la grande ville du Texas – une décision inédite depuis l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays en 1979.

Dénonçant jeudi une « calomnie malveillante », Pékin n’a pas tardé à riposter en ordonnant, vendredi 24 juillet, la fermeture du consulat américain de la grande ville de Chengdu, dans le sud-ouest. « Une réponse légitime et nécessaire aux mesures déraisonnables des États-Unis », a souligné dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères, sans préciser s’il avait des accusations spécifiques contre la présence américaine à Chengdu.

« Nous avons fermé le consulat de Chine à Houston car c’était une plaque tournante de l’espionnage et du vol de propriété intellectuelle », a assuré Mike Pompeo, sans préciser clairement les faits reprochés à ses diplomates.

La stratégie engagée par Richard Nixon ne « marche tout simplement pas »

Signe de la méfiance ambiante, la police américaine soupçonne en outre une chercheuse chinoise, accusée d’avoir dissimulé ses liens avec son armée pour obtenir un visa américain, de s’être réfugiée au consulat chinois de San Francisco afin d’échapper à son arrestation.

Le secrétaire d’État, un faucon qui sonne depuis plusieurs mois la charge contre la Chine, a plus généralement accusé les Chinois de « voler » de « précieux secrets commerciaux » aux Américains.

Mike Pompeo avait choisi la bibliothèque présidentielle Richard Nixon à Yorba Linda pour formuler son réquisitoire. Tout un symbole, puisqu’il s’agissait d’acter l’échec de la stratégie engagée il y a plus de 40 ans par l’ex-président républicain lorsqu’il avait entamé le dialogue avec la Chine communiste, dans l’espoir que son intégration au sein de la communauté internationale favorise une certaine normalisation.

Ce « vieux paradigme » ne « marche tout simplement pas », a tranché le ministre. « L’heure est venue pour les nations libres de passer à l’acte », a-t-il martelé, appelant de ses vœux « une nouvelle alliance des démocraties ».

Objectif : faire « changer d’attitude » à Pékin, a-t-il plaidé, sans aller jusqu’à prôner un changement de régime, même s’il a salué publiquement plusieurs dissidents chinois.

« Si nous nous inclinons maintenant, nos petits-enfants pourraient être à la merci du Parti communiste chinois, dont les actes constituent le premier défi du monde libre », a-t-il insisté. « Xi n’a pas vocation à semer éternellement la tyrannie en Chine et à l’étranger, à moins qu’on le laisse faire. »

Références à la Guerre froide

Mike Pompeo a multiplié les références à la Guerre froide, exhortant le reste du monde à « choisir son camp » entre « la liberté et la tyrannie ».

Il a certes salué le « réveil » de certains pays, notamment européens, mais a aussi regretté la « timidité » d’autres, comme cet « allié au sein de l’Otan », qu’il n’a pas nommé, réticent selon lui à défendre l’autonomie de Hong Kong par crainte de perdre son accès au vaste marché chinois.

Un reproche également adressé aux entreprises américaines qui se plient aux exigences chinoises et soutiennent, « sciemment ou à leur insu », de « graves violations » des droits humains.

Il a d’ailleurs estimé qu’il ne s’agissait pas de revenir à « l’endiguement » (ou « containment ») en vigueur contre l’URSS, car « la Chine communiste est déjà chez nous ». Et contrairement à la doctrine « faire confiance mais vérifier » défendue par un autre ex-président républicain, Ronald Reagan, face à Moscou, il a suggéré de « se méfier, et vérifier ».

Au-delà de cet appel, Mike Pompeo a reconnu que la « fermeté » n’était pas suffisante, alors que les démocrates, mais aussi certains républicains, jugent que cette diplomatie musclée n’a pas permis jusqu’ici de contenir les ambitions chinoises.

« Nous devons parler et donner du pouvoir au peuple chinois », a-t-il lancé, en estimant que le régime redoutait « les opinions » de ses concitoyens « plus que tout adversaire étranger ».

SourceAgences

Dernières infos

Tunisie : des personnalités politiques déférées devant le parquet (Front de salut national)

Le Front de salut national (FSN), une coalition de...

Séisme en Turquie et en Syrie : Le Qatar tient à jouer un rôle pour la reconstruction

Le Croissant-Rouge qatari a indiqué, jeudi, que «l’Etat du...

La Commission européenne interdit à ses employés d’utiliser l’application TikTok

La Commission européenne a demandé à ses employés, ce...

Russie : Crash d’un avion de l’armée dans l’ouest du pays

Un avion du ministère russe de la Défense s'est...

À ne pas rater

La France et les Emirats arabes unis discutent des « défis en Ukraine et en Iran »

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a...

Abou Dhabi et Doha à la tête des villes les plus sûres au monde

Les deux villes du Moyen-Orient, Abou Dhabi et Doha...

L’émir du Qatar participe à un mini-sommet arabe tenu à Abou Dhabi  

Les dirigeants du Conseil coopératif du Golfe (CCG) ont...

La Commission européenne interdit à ses employés d’utiliser l’application TikTok

La Commission européenne a demandé à ses employés, ce jeudi, de supprimer l'application chinoise TikTok de leurs appareils, pour des raisons de sécurité. La commission...

Russie : Crash d’un avion de l’armée dans l’ouest du pays

Un avion du ministère russe de la Défense s'est écrasé dans l'ouest du pays, dans la région de Belgorod, ont annoncé, jeudi, les autorités...

France : les syndicats appellent à une « grève totale et reconductible » à partir du 7 mars

Les syndicats français appellent à une « grève totale et reconductible » à partir du 7 mars prochain, pour exprimer leur opposition au projet...

Pentagone: Un autre « ballon espion » chinois survole l’Amérique latine

Le porte-parole du Pentagone, Pat Ryder, a indiqué qu'un autre "ballon espion" chinois a survolé l'Amérique latine. "Nous avons détecté un deuxième ballon survolant l'Amérique...

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici