La crise du Golfe et le Blocus qui a été imposé à Doha ont rendu les Qataris plus ouverts à la politique et plus ouverts à la critique du gouvernement et des autres institutions de l’État.

« Les Qataris se sont intéressés à la liberté d’expression et l’exercice de ce droit après le Blocus, même dans l’espace virtuel. Le Qatar est devenu un pays libéral dans un Golfe dominé par la tyrannie ».

Ce sont unes des conclusions d’une enquête en deux phases: avant le blocus de 2017 et après le blocus de 2018, qui a montré des changements significatifs au niveau de l’opinion publique qatarie.

L’enquête a été menée par des chercheurs de la Northwestern University au Qatar, en collaboration avec le Harris Institute for Surveying, intitulée « L’utilisation des nouveaux médias et des médias au Moyen-Orient ».

Justin Martin, professeur de journalisme et de communication stratégique à la Northwestern University au Qatar et l’un des superviseurs de la recherche, a publié quelques résultats importants de la recherche dans « Washington Post ».

M. Martin a souligné l’évolution rapide des résultats de l’enquête au cours de ses deux phases.

En 2017, avant le blocus, des recherches ont montré qu’un Qatarien sur quatre se sentait à l’aise en parlant de la politique et qu’un citoyen qatarien sur cinq estimait que les gens devraient être libres de critiquer les gouvernements dans l’espace virtuel et qu’un Qatarien sur huit exprime vraiment son propre opinion politique.

Toutefois, après avoir collecté les nouvelles données pour la deuxième partie de l’enquête, qui s’est déroulée entre août et septembre 2018, l’opinion publique qatarie a considérablement changé, tous les pourcentages précédents ayant fortement augmenté.

En 2018, 72% des Qataris se sentaient à l’aise en politique et 48% ont soutenu les critiques des gouvernements sur l’espace virtuel.
Et 68% d’entre eux soutiennent le droit de chacun d’exprimer son opinion, même ceux qui ont des idées moins populaires contre seulement 35% l’année précédente.

L’ouverture du peuple Qatari ne s’est pas limitée au blocus et de ses conséquences, mais s’est étendue au débat public sur les conditions économiques et sociales à l’intérieur du Qatar, considéré comme un nouveau facteur important, qui indique, selon l’auteur, un changement dans le caractère qatarien connu auparavant comme réservé et qui refuse d’exprimer ses opinions.

Certains résultats de l’enquête montrent que le nationalisme a augmenté chez les Qataris après le blocus de leur pays.

D’ailleurs, 99% des Qataris estiment que leur pays marche dans la bonne voie, contre 95% en 2017.

Le professeur Martin note qu’après le blocus, les autorités qatariennes ont annulé le visa pour les citoyens de 80 pays et sont devenues plus ouvertes à la diversité des idées.

Il est à noter que le 5 juin 2017, le Qatar a été assiégé par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte, au motif que Doha soutenait le terrorisme, ce que ce dernier nie, ainsi que les déclarations des responsables occidentaux.

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