L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis face à la justice britannique, pour les crimes commis au Yémen

Courrier arabe

Le journal britannique, The Guardian a indiqué que «des avocats et des groupes humanitaires comptaient porter une affaire, auprès des tribunaux britanniques, contre l’Arabie saoudite et les EAU (Émirats arabes unis), au sujet des crimes de guerre qu’ils ont commis au Yémen».

Le journal indiqua que «des groupes humanitaires et des avocats avaient déposé une plainte au Royaume-Uni, accusant des symboles importants en Arabie saoudite, et aux EAU d’être responsables des crimes de guerre commis au Yémen, contre des civils».

Il signala que «les groupes humanitaires avaient passé près d’une année, à préparer une affaire contre les directions d’Arabie saoudite et des EAU».

Il nota : «Le dossier compte 200 pages, qui seront présentées à la police et au procureur général. Les pages contiennent des preuves présentées par les familles des civils tués suite aux raids que la coalition arabe a menés au Yémen».

«Le dossier mettra aussi la lumière sur les dossiers ayant fait polémique, comme le raid qui avait ciblé un bus d’écoliers au nord du Yémen, en 2018 et qui avait fait 26 morts et 19 blessés, ou le raid qui avait ciblé une cérémonie de funérailles à Sanaa, en 2016, où 140 personnes ont été tuées et 600 autres blessées», avait-il ajouté.

Il continue : «Le dossier contient aussi des preuves sur la torture et sur l’assassinat de civils à Aden, commis par des mercenaires colombiens, travaillant avec une compagnie sécuritaire américaine louée par les EAU».

Il ajouta : «Les avocats prévoient de présenter le dossier à la police britannique et au procureur, accusant près de 20 miliciens et militaires, liés aux deux pays arabes, d’implication dans des crimes de guerre, et proclamant leur interpellation, dès leur entrée au Royaume-Uni».

Une affaire qui commence à tourner

Selon le journal, «le cabinet d’avocats n’a pas publié la liste des noms accusés, mais il signala qu’elle comptait les noms du prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, et du prince héritier émirati Mohamed ben Zayed».

Toby Cadman, l’avocat qui dirige l’affaire, expliqua au journal «qu’il espérait que l’unité des crimes de guerre, au sein de la police britannique, ignore les pressions politiques du gouvernement britannique et traite l’affaire équitablement».

«Nous parlons de crimes abominables et nous pensons que personne ne pourra faire appel à son immunité», avait-il insisté.

Selon Toby Cadman, «les avocats avaient fait appel à la loi britannique, car elle ne tient pas compte du fait que les coupables soient Britanniques ou que les crimes soient commis sur les terres britanniques».

«Riyad et Abou Dhabi ne font pas partie de la CPI (Cour pénale internationale) et présenter l’affaire là-bas est impossible, alors la loi britannique était notre seul recours», avait-il dit.

Il est à signaler que les EAU et l’Arabie saoudite sont de puissants alliés pour le Royaume-Uni et ils y dirigent de nombreux investissements. Les EAU possèdent le club de football de Manchester City, alors que l’Arabie saoudite a acheté récemment le club de New Castle United.

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