lundi, juillet 13, 2020

Égypte: HRW dénonce des tortures et disparitions de mineurs

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé dans un rapport publié lundi des cas de disparition et de tortures de mineurs en Égypte, appelant les puissances occidentales à cesser leur aide sécuritaire au Caire.

Dans ce document de 43 pages, préparé par HRW et l’ONG Belady : an Island for Humanity, plusieurs témoignages ont été rassemblés concernant des abus sur 20 mineurs âgés de 12 à 17 ans. « Les récits poignants de ces enfants et de leurs familles révèlent comment la machine répressive égyptienne a commis de graves abus sur des enfants », dit Aya Hijazi, codirectrice de Belady citée dans le communiqué.

Le document, intitulé « Personne ne se souciait que c’était un enfant », a été élaboré sur la base de témoignages de mineurs, de leurs familles et de documents officiels, de vidéos, ou encore de documents médicaux obtenus par les avocats de la défense.

Quinze des 20 mineurs interrogés disent avoir été torturés lors d’une détention provisoire.

Sept enfants ont raconté avoir été torturés avec de l’électricité, y compris au pistolet paralysant.

Un garçon de 16 ans a affirmé à un parent qu’il était inquiet de ne « jamais pouvoir se marier ou d’avoir d’enfants » en raison du traitement qui lui a été infligé en prison.

Deux mineurs ont aussi raconté avoir eu les mains liées derrière le dos avant d’être suspendus par les bras, entraînant de graves blessures aux épaules, selon le rapport.

Selon HRW, la majorité des cas rapportés ont été le fait de l’Agence de sécurité nationale du ministère de l’Intérieur, mais la police et l’armée étaient également parfois impliquées.

Dans ces conditions, HRW a estimé dans un communiqué lundi que les États-Unis, la France et d’autres pays de l’Union européenne devraient cesser de soutenir les forces de sécurité égyptiennes.

Toujours selon le rapport, des mineurs ont disparu pour des périodes allant jusqu’à 13 mois. La loi égyptienne prévoit pourtant que les personnes arrêtées doivent être présentées au parquet dans les 24 heures qui suivent leur arrestation.

Ils ont aussi raconté avoir été détenus dans des prisons pour adultes surpeuplées.

Un mineur cité dans le rapport a également été condamné à mort en avril 2019, en violation de la loi internationale, une condamnation finalement annulée en octobre.

Depuis la destitution en 2013 par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, et l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi, les services de sécurité mènent une répression impitoyable contre toute forme d’opposition.

SourceLE DEVOIR

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