samedi, octobre 24, 2020

Implication de la Turquie en Libye: impose-t-elle l’équilibre des forces militaires et politiques?

Courrier arabe

Dans un discours du président turc, Radjab Tayab Erdogan, prononcé vers la fin du mois d’avril, il a déclaré ses intentions vis à vis de la Libye:  » Nous ne permettons pas à la Libye de devenir une nouvelle Syrie », en ajoutant que ,désormais, son pays s’impliquera davantage dans la crise que vit ce peuple, et portera son soutien effectif au Gouvernement de l’union Nationale (GNA), dans son combat contre la rebelle le général à la retraite Khalifa Haftar, qu’il traite de dictateur.

A peine deux semaines de son discours, l’exécution du plan d’Erdogan commença à voir le jour avec l’arrivée au port de Tripoli des lots de munition et des blindés sur deux navires venant de la Turquie.
L’impact de ce soutien militaire était considérable sur le champs de bataille comme l’avait souligné le commandement libyen loyal aux Forces de GNA, opposées aux milices de Haftar qui forcent sur Tripoli.

Rapprochement de la Turquie d’Alliance

Après la chute du régime de Maamar El Kadhafi, balayée par une révolution populaire en 2011, la Turquie soutient la Libye, malgré qu’elle n’était pas sa priorité par rapport aux autres pays de la région comme la Syrie où la Turquie est directement impliquée.

Depuis la formation du GNA, issu d’un accord politique conclu entre les parties libyennes, au mois de décembre 2015, la Turquie a été parmi les premiers pays à reconnaître la légitimité de Gouvernement.
Pendant le début de l’offensive du général à la retraite Khalifa Haftar sur Tripoli le 4 avril 2019, une rencontre a eu lieu entre le président Erdogan et le président du Haut Conseil Gouvernemental Libyen  » Khaled el Mechri » , à Istanbul, afin de sensibiliser la communauté internationale et trouver des solutions à cette crise majeure.

Aussi, lors d’un entretien téléphonique avec Al-Sarraj au mois dernier,  Erdogan avait réitère le soutien de la Turquie au peuple libyen.
Ce soutien turc est le résultat positif de point de vue sécuritaire militaire et politique entre Ankara et Tripoli, le renforcement de ces relations dure tout le long de l’année avec des visites réciproques de Hauts dirigeants des deux pays.

La fréquence des contacts entre la Turquie et la Libye dans leurs aspect militaro-sécuritaire à affiner l’attention du Khalifa Haftar et de ses alliés, le poussant à déclencher une vaste campagne contre la Turquie qu’il accuse de livraison illégale d’armes, pour soutenir la ville de Masrata et ses forces de défense.

C’est pour ces raisons que Ahmed El-Mesmari, agissant au nom de Haftar, a annoncé la tenue de plusieurs conférences de presse, dans lesquelles il fustigeait Ankara et Erdogan et en particulier lors de la conférence de presse du Caire en Égypte.
Au mois de décembre 2018, les milices de Haftar avaient annoncé la détention d’un navire turc , dans le port Kham( sud de Tripoli), en declarant que le bateau a été chargé d’armes et de munitions au lieu de matériaux de construction. Ce qui constitue, pour Haftar, une transgression contre l’embargo d’armes destinées à la Libye.

D’après les observateurs, la position de Haftar vis à vis d’Erdogan émane du désaccord entre eux concernant les groupes de « l’Islam politique », et les affinités à peine voilés d’Erdogan avec l’Égypte et les Émirats arabes unis, vu les grandes divergences qui minent les relations entre la Turquie et le régime du président égyptien Abdelfettah Al-Sissi, principal  régime soutenant Haftar après son apparition.

Le directeur du Centre des Etudes Libyennes à Istanbul « Nazar Karikach » considère que « l’intervention de la Turquie dans le dossier libyen sera un facteur d’équilibre dans la stratégie aux efforts de soutien légitime au processus politique de paix en Libye. Comme elle est considérée par de nombreux observateurs, un pas important qui aurait un impact sur le soutien de la France à Haftar ».

Il devient évident que le rôle de la Turquie vise à établir un dialogue entre partenaires étrangers, dans le but de résoudre la crise et dénoncer toute ingérence et livraison d’armes au général à la retraite Haftar , en violation des résolutions onusiennes.

Cette alliance, soutenant le Gouvernement d’union nationale, vise la pression sur les partenaires de Haftar et encourage les discussions entre les parties du conflit autour d’une table de négociations.

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