lundi, mars 8, 2021

« La grande priorité au Yémen est d’éviter une famine massive », selon les Nations unies

Deux hauts responsables onusiens ont prévenu jeudi le Conseil de sécurité que la priorité la plus urgente au Yémen à l’heure actuelle est d’éviter une famine massive, a rapporté l’ONU sur son site.

« Les données montrent que 16 millions de personnes auront faim cette année. Déjà, environ 50.000 personnes meurent de faim dans ce qui est essentiellement une petite famine. Cinq autres millions suivent juste derrière », a déclaré le chef de l’humanitaire des Nations Unies, Mark Lowcock, devant les membres du Conseil. « Chaque décision que le monde prend en ce moment doit tenir compte de cela », a-t-il ajouté.

Revenant sur l’inscription par Washington des Houthi sur leur liste des groupes terroristes, Lowcock a noté que depuis des mois, les agences humanitaires se sont unanimement opposées à cette désignation, estimant que cela accélérerait le glissement du Yémen vers une famine à grande échelle.

Le Yémen importe 90% de sa nourriture. Presque toute cette nourriture est acheminée par des canaux commerciaux. Les négociants risquent de ne plus pouvoir continuer à importer des produits alimentaires au Yémen dans ces circonstances, précise l’ONU.

« Certains fournisseurs, banques, expéditeurs et assureurs appellent leurs partenaires yéménites et disent qu’ils prévoient désormais de quitter complètement le Yémen. Ils disent que les risques sont trop élevés. Ils craignent d’être accidentellement, ou bien d’une autre manière, pris dans une mesure réglementaire américaine qui les mettrait en faillite ou en prison », a précisé Lowcock.

L’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, s’est également dit « extrêmement préoccupé par l’impact de la décision des États-Unis de désigner « Ansar Allah » (Houthis) comme organisation terroriste étrangère ».

« Nous craignons qu’il y ait inévitablement un effet dissuasif sur nos efforts pour rapprocher les parties », a-t-il ajouté.

« Le chemin vers la paix au Yémen n’a jamais été facile. Et je pense que c’est maintenant beaucoup plus difficile qu’il y a un mois », a encore ajouté Griffiths soulignant que « pour les parties, la reprise du processus politique est plus qu’une obligation, c’est un devoir ».

SourceAgences

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