La mobilisation des Algériens déclenchée le 22 février dernier se poursuit avec la même détermination pour réitérer les demandes d’un changement radical, le départ de tous les résidus du système et l’instauration d’un État de droit.

Le 17ème vendredi consécutif de mobilisation intervient au lendemain de l’incarcération des deux anciens premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal à la prison d’El-Harrach en plus de Amara Benyounès, l’ancien ministre du commerce. Tous arrêtés pour corruption liée au dossier de Ali Haddad, patron du groupe privé ETRHB.

Les Algériens se sont réjouis de l’emprisonnement de ces anciens responsables notamment celui de l’ex-premier ministre Ouyahia qu’ils n’ont pas manqué de fustiger en brandissant des pots de Yaourt.

En effet, on reproche à Ouyahia des propos jugés humiliants vis-à-vis du peuple algérien. Dans l’un de ses discours à propos d’une hausse des prix des produits laitiers, il avait déclaré:  » les Algériens ne sont pas obligés de manger du Yaourt tous les jours ».

Cependant, cette campagne d’arrestations contre les ex-dirigeants politiques piliers du système du président déchu Abdelaziz Bouteflika n’a pas calmé les protestataires, bien au contraire, elle a ravivé leur motivation pour poursuivre leur révolution pacifique, ils n’ont pas cessé de crier: « Klitou leblad ya serakine! » (Vous avez pillé le pays, bande de voleurs!)

La manifestation d’hier a coïncidé avec le 18ème anniversaire de la répression sanglante de la grande marche du 14 juin 2001 vers la capitale. les manifestants ont rendu hommage aux victimes du printemps noir à travers leurs pancartes et banderoles avec une présence remarquable du drapeau berbère. Ils ont scandé:  ulac smah ulac » ( pas de pardon ), « Zerhouni assassin » , (ministre de l’intérieur entre 1999 et 2010), « Benflis assassin », (chef de gouvernement de 2000 à 2003).

Les slogans hostiles au pouvoir militaire incarné par Ahmed Gaïd Salah vice-ministre de la défense et chef d’état-major de l’armée se sont renouvelés pendant ce vendredi. On a entendu: « Gaïd Salah à la poubelle! », « had echaâb la yourid hokm el askar min djadid! » (Ce peuple ne veut pas d’un nouveau régime militaire) ou encore « el Djeich cha3b khawa khawa, w el-Gaïd Salah m3a lkhawana! » (Le peuple et l’armée sont frères, et le Gaïd est avec les traîtres).

Depuis plusieurs semaines, des barrages filtrants installés par la gendarmerie réduisent l’accès à la capitale au compte-goutte. Les gendarmes confisquent aux Algériens leurs pancartes et leurs drapeaux. Ainsi, les manifestants qui veulent participer à la marche hebdomadaire sont obligés de démarrer très tôt et de prendre des déviations pour pouvoir accéder à Alger.

Le site TSA n’est plus accessible

Dans le cadre des restrictions imposées par les autorités algériennes, le site électronique TSA est bloqué en Algérie depuis mercredi vers 17h30.

Dans un communiqué officiel, le site dénonce  » un acte de censure  » contre un média indépendant. Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de l’ONG internationale Reporters Sans Frontières ( RSF ) a déclaré: « Le fait que TSA soit bloqué sur le seul territoire algérien laisse à penser à une censure de nature politique vu son ton critique envers les autorités », « Nous appelons les responsables compétents à mettre tout en œuvre pour que le site d’information soit à nouveau accessible pour les Algériens », insiste le communiqué de RSF.

Après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, l’arrestation des responsables impliqués dans des affaires de corruption et le report pour une deuxième fois des élections présidentielles, le pouvoir réel est-il prêt à faire plus de concessions devant la détermination des Algériens d’aller jusqu’au bout de leur révolution ? Une question cruciale dont nous aurons la réponse dans les prochains jours.

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