mercredi, octobre 28, 2020

Qu’en est-il de la liberté d’expression en Algérie après l’arrestation des manifestants pacifiques ?  

Courrier arabe

L’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme a déclaré vendredi que les autorités algériennes avaient dernièrement interpellé plusieurs activistes pacifiques, poussant la liberté d’expression au pays, vers une situation emblématique.

L’Observatoire, dans un communiqué, affirma avoir noté des cas où des personnes ont été interpellées seulement pour avoir brandi un drapeau ou une pancarte, ou pour s’être opposé publiquement au régime actuellement en tête du pouvoir.

Il déclara que les larges compagnes d’arrestations avaient commencé depuis le 21 juin dernier, et qu’elles se poursuivaient à ce jour, ciblant les chefs des partis politiques, les opposants au gouvernement, et les participants aux marches pacifiques, signalant que «les autorités algériennes avaient dispersé les réunions de groupes politiques et des parties non gouvernementales, intercepté un site informationnel connu, et chassé plusieurs journalistes y compris les reporteurs des agences de presse internationales».

De même, la responsable de la communication de l’Observatoire «Céline Yechar» a noté que «chaque vendredi, les forces de l’ordre étaient déployés intensivement dans les rues afin de contrôler les participants aux manifestations, ce qui représente un coup dur à la liberté d’expression et au droit du rassemblement pacifique».

Elle ajouta que «le plus inquiétant était que les activistes pacifiques et les chefs des partis politiques étaient accusés seulement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions», expliquant qu’il s’agissait d’une claire violation de la constitution algérienne et des engagements internationaux.

Toutefois, l’Observatoire euro-méditerranéen a appelé les autorités algériennes à respecter «le Pacte international des droits civils et politiques», et «la Convention africaine des droits de l’homme et des peuples» en traitant les manifestants pacifiques, affirmant que «c’est ne sont pas les détentions et les arrestations abusives qui permettront au pays de venir à bout de sa crise politique, mais que les autorités devraient écouter les demandes du peuple, pour assurer une transition démocratique qui protège les algériens et qui garantissent leur dignité».

Rappelons que les Algériens se manifestent chaque vendredi, depuis le 22 février, proclamant un pouvoir civil anticorruption, qui pourra offrir au pays et à son peuple un futur meilleur.

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