mercredi, janvier 27, 2021

Treize tués et des centaines de blessés dans l’assaut de l’armée contre le sit-in de Khartoum

Courrier arabe

Les Forces de la Liberté et du Changement (FLC) ont annoncé, lundi, l’arrêt des négociations avec le Conseil militaire de transition et le lancement de la désobéissance civile en riposte à la violente répression du sit-in devant le siège de l’armée au centre de la capitale Khartoum survenue ce matin et qualifiée par la FLC de « massacre ».

Dans un communiqué officiel, les FLC ont promis de soumettre les chefs du Conseil militaire à un pouvoir judiciaire équitable dans le « Soudan de la révolution », en assurant qu’ils ont la responsabilité de l’effusion de sang.

Les FLC ont affirmé : « il n’y a plus rien sur la place du sit-in à part les corps des martyrs que nous n’arrivons pas à évacuer jusqu’à présent », en ajoutant: « selon les statistiques préliminaires, nous avons perdu 13 martyrs tués par les balles du conseil putschiste perfide en plus des centaines de blessés ».

Les forces armées soudanaises ont fait irruption sur la place du sit-in à l’aube de ce lundi. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des manifestants fuyant les balles et criant « pacifique », tandis que des corps gisent au sol.

Le porte parole du Conseil militaire, quant à lui, a affirmé que les forces de sécurité ont ciblé la zone de « Colombie » proche de la place du sit-in et connue en tant que marché de drogues et d’alcool, en ajoutant qu’il fallait disperser ce regroupement pour nettoyer cette zone.

Réactions internationales

L’ambassade américaine dans la capitale soudanaise a déclaré que l’attaque des forces de sécurité soudanaises est immorale et doit cesser, estimant que la responsabilité incombe au Conseil militaire de transition.

Le ministère des affaires étrangères allemand a également déclaré sur son compte Twitter: « nous sommes profondément inquiets de l’évolution récente à Khartoum. La violence contre les manifestants ne peut être justifiée et elle doit s’arrêter immédiatement. Nous appelons les différentes parties à éviter l’escalade et à retourner à la table des négociations ».

L’Union Européenne a appelé les responsables militaires à respecter la liberté d’expression et le droit à manifester pacifiquement. Les Européens appellent aussi à l’accélération de la passation du pouvoir à une autorité civile, mettant en garde contre les répercussions du recours à la violence.

Le Qatar, dans un communiqué officiel du ministère des affaires étrangères, déplore la décision d’utiliser la violence contre des manifestants pacifiques, en appelant le Conseil militaire à abandonner ces pratiques et à dialoguer avec l’ensemble de la société civile.

L’organisation arabe des droits de l’Homme au Royaume-Uni a considéré la dispersion du sit-in comme une tuerie de masse dont le Conseil militaire et ses chefs sont entièrement responsables. Elle a assuré qu’il est urgent d’œuvrer pour transférer le pouvoir aux civils, soulignant que le maintien du pouvoir aux mains des militaires risque d’augmenter le nombre des victimes.

Il est à rappeler que des milliers de Soudanais manifestent depuis le mois passé devant le Quartier Général dans la capitale Khartoum pour demander la remise du pouvoir aux civils.

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