dimanche, octobre 2, 2022

Élections tunisiennes : Après les résultats, qui va s’allier avec qui ?

Courrier arabe

En Tunisie, après l’annonce des résultats des élections législatifs, des voix commencent à s’élever, se demandant si les vainqueurs élus par le peuple parviendront à s’unir pour former un gouvernement qui répondra aux attentes des milliers de Tunisiens.

Le ministère de l’Intérieur tunisien annoncé que cette année, le taux de participation aux élections législatifs n’a atteint que 41,3 % des inscrits, très en dessous des 68 % de participation de 2014, toutefois, selon les résultats, les 217 sièges du Parlement ont été répartis comme suit:

Le parti «Ennahdha» en tête du scrutin, avec 57 sièges.

Le parti «Qalb Tounes», la formation de Nabil Karoui, a été crédité de 41 sièges, suivi du «Mouvement Démocrate» avec 21 siège, de «Alliance al-Karama», le parti de l’islamiste populiste «Seifeddine Makhlouf» avec 20 sièges.

La liste regroupa également le «Parti destourien libre» avec 18 sièges, le «Mouvement du peuple» avec 16 sièges, «Tahya Tounes» avec 15 sièges, et «Machrouu Tounes», «Nidaa Tounes», «Ich Tounsi» avec 4 sièges pour chacun.

Le parti «Rahma» a obtenu 3 sièges, et «l’Union démocratique et sociale» ainsi que la liste «Espoir et travail» ont eu 2 sièges, suivi du «Courant Al Mahaba», d’«Afek Tounes», et du «Front populaire» qui ont eu 1 siège pour chacun, quant aux 7 sièges restant, ils ont été obtenus par des indépendants, représentant de ce fait un chamboulement politique dans le pays, avec la montée de plusieurs partis révolutionnaire.

Les alliances sont-elles optionnelles ?

Selon la constitution tunisienne, le président de la république doit charger le représentant du parti qui a obtenu la majorité des sièges du Parlement, à former un gouvernement dans une durée d’un mois, or ainsi, les résultats obligent que le parti Ennahdha assure cette tâche.

«Nous sommes sur le point de commencer une nouvelle étape, nous allons négocier avec tous les partenaires qui mènent avec nous une guerre contre le corruption et la pauvreté, nous travaillerons à réaliser les principaux buts de la révolution tunisienne, dont la liberté, la justice, et l’offre d’emplois, se trouvent en tête» avait déclaré «Rached Ghannouchi» le chef d’Ennahdha lors d’une conférence de presse réalisée suite à l’annonce des résultats des élections.

Des propos qui reflètent la base de l’alliance qu’Ennahdha cherche à construire avec les autres parties, et qui indique au même temps, que le parti vainqueur est conscient de la tâche délicate qui l’attend.

Les concessions et les dilemmes disponibles

Sachant qu’Ennahdha ne voudra jamais de «Qalb Tounes» ni du «Parti destourien libre» à ses côtés, que le «Mouvement du peuple» a choisi de faire partie de l’opposition, et que le «Parti Démocrate» a placé des conditions, en proclamant les ministères de la Justice, de l’Intérieur, et de la Réforme administratif, les Tunisiens se demandent si la scène politique au pays parviendra à trouver un terrain d’entente.

Et au moment où les observateurs indiquent «qu’Ennahdha devra choisir de commencer une alliance avec « Alliance al-Karama», «Tahya Tounes» et quelque indépendants, pour l’étendre plus tard, en fonction des options qui lui seront proposées», expliquant que l’affaire des alliances politiques aura un impact direct sur l’image que le parti s’est efforcé à construire au sujet de l’islam démocrate, de l’ouverture, et du partenariat.

Certains estiment que la victoire des élections «est tel un cadeau empoisonné présenté au parti d’Ennahdha», car avec l’importante différence des résultats affichés, il semble impossible d’organiser une alliance ou de recueillir une totalité qui offre à Ghannouchi la présidence du Parlement, tout comme le souhaite son parti.

Face à un tel désarroi, des sources affirment que des négociations sont en cours, proposant l’idée d’un gouvernement national, présidé par une personnalité neutre, comme ultime solution pour résoudre le conflit.

Et vue que l’option risque de replacer toutes les parties dans la case départ, les sources pensent qu’«ils se résigneront à faire des concessions, pour garder le statut pour lequel ils ont longtemps travaillé».

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