Le débat télévisé entre les deux candidats a tenu ses promesses. Pendant plus de deux heures, les candidats, debout, on répondu dans un temps limité aux questions de deux journalistes incisifs.

Pas de grandes annonces, mais la prestation télévisée a permis de mieux cerner les prétendants. Le cadre est convenu. Le temps de parole entre les deux candidats est millimétré pas souci d’équilibre. Pendant 2h30, il est question de politique étrangère, du rôle du chef de l’État, des affaires publiques et des médias.
Les deux finalistes ont pu exposer les principaux projets qui leur tiennent à cœur

Le juriste Kaïs Saied a marqué des points par son aisance à répondre aux questions. Son ton professoral, déclamant ses réponses, a tranché avec l’attitude de Nabil Karoui, plus décontractée mais également plus hésitant sur certains sujets. L’homme de télé qui a sillonné le pays avec son association caritative a rappelé sa priorité : « J’ai tout un programme pour lutter contre la pauvreté, fondé sur le réel. Moi j’ai passé trois ans sur le terrain, j’essaie de saisir les problèmes des Tunisiens. Le Tunisien souffre actuellement. » Il promet par ailleurs de redresser la société de phosphate en faillite à Gafsa.

« Le rôle social de l’État »

Éradiquer la pauvreté, libérer les énergies et relancer l’économie en rassurant les investisseurs fut le mot d’ordre de l’homme d’affaires pendant que Kaïs Saied rappelait qu’il aspirait à mettre en place une gouvernance locale issue de rencontres citoyennes. Il refuse de parler de « promesses » mais de « tâches à accomplir ». L’universitaire affirme être à l’écoute des besoins des jeunes. Puis il a fixé deux axes : « L’éducation doit faire partie de la souveraineté nationale. L’État doit retrouver son rôle social. »

Dans les échanges directs, Nabil Karoui a expliqué qu’avec le deuxième bloc du Parlement, il pourrait peser sur les débats alors que son adversaire n’a aucun parti. Kaïs Saied rétorque : « Mon bloc, c’est le peuple tunisien. Je vais proposer et celui qui va refuser, il assume sa responsabilité politique. »

Le débat s’est conclu par une poignée de mains cordiales, entre deux finalistes aux styles diamétralement opposés. Les deux candidats observent désormais le silence électoral précédent le jour du vote.

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